Origine et histoire de l'Église Saint-André
L'église paroissiale Saint-André, anciennement dédiée à Notre‑Dame, se situe à Villaines‑les‑Rochers (Indre‑et‑Loire). L'édifice est remarquable parce qu'il réunit deux constructions imbriquées : une partie médiévale et un agrandissement du XIXe siècle. Dès 1139, Villaines‑les‑Rochers est mentionnée comme prieuré rattaché à l'abbaye de Cormery, et l'église romane du XIIe siècle est désignée dans les chartes sous le nom d'ecclesia Sancta Maria de Villena ; son abside parementée pourrait être encore plus ancienne, peut‑être du Xe ou du XIe siècle. En 1859, à la demande de l'abbé Jean‑Laurent Chicoisne, l'architecte diocésain Gustave Guérin dirigea l'agrandissement : une nouvelle nef néo‑romane et un chœur furent édifiés perpendiculairement au vaisseau roman, de sorte que la nef, le chœur et l'abside anciens constituèrent le transept du nouvel édifice. Le clocher du XIIe siècle fut conservé. L'église est construite sur le flanc d'un coteau, la partie orientale reposant sur un remblai retenu par une terrasse ; elle occupe le chef‑lieu communal, sur la rive gauche d'un petit ruisseau, la façade de la nef étant orientée au sud‑est et le chœur au nord‑ouest. Le pignon occidental de l'ancienne église, qui faisait office de façade, a été surélevé et son portail muré, tandis que la baie en plein cintre qui le surmonte a été préservée ; à l'est, l'ancienne abside est séparée de l'ancien chœur par un mur moderne et partiellement arasée. L'ensemble des murs intérieurs et la fausse voûte de la nouvelle église furent entièrement couverts de peintures conçues et réalisées sous la direction de Louis‑Marie‑Charles de Bodin, comte de Galembert. Ce dernier, archéologue et fondateur de la Société de Saint‑Grégoire, privilégia un décor peint à un décor sculpté et expérimenta un procédé mêlant du silicate de potasse à la couleur ; il voulut faire de Villaines‑les‑Rochers une église‑témoin, à la fois modèle pratique d'un système décoratif peu coûteux et terrain d'expérimentation. La décoration, commencée en 1859, fut exécutée par fractions et achevée en 1870 ; la fausse voûte et les motifs ornementaux furent réalisés d'emblée, tandis que des encadrements laissés vides accueillirent ultérieurement des figures et des scènes historiées dont l'exécution dépendit des dons. Les vitraux qui accompagnent le décor proviennent de la manufacture Lobin, à Tours, et de l'atelier Fournier. Le programme iconographique, pensé comme un « catéchisme en images », s'inscrit dans le mouvement de restauration doctrinale promu sous le pontificat de Pie IX et met en avant, notamment, la foi en un Christ source de vie. Par sa simplicité d'ordonnancement, la sobriété des gestes, la densité contenue des personnages, l'égalité de la luminosité, l'atténuation du modelé, la netteté des contours et une palette de teintes claires traitées en aplat, les peintures nazaréennes du comte de Galembert participent au renouveau de la peinture monumentale. Parmi une dizaine de réalisations du comte en région Centre, les décors de Villaines‑les‑Rochers et de l'église Saint‑Rémy d'Auneau figurent parmi ses plus significatifs, et il a par ailleurs restauré et complété des peintures médiévales à Rivière. L'église Saint‑André a été classée au titre des monuments historiques en novembre 2002.