Frise chronologique
IXe siècle
Création de la viguerie du Barrez
Création de la viguerie du Barrez
IXe siècle (≈ 950)
Brommat devient chef-lieu sous les comtes de Rodez.
1074
Donation à l'abbaye de Conques
Donation à l'abbaye de Conques
1074 (≈ 1074)
L'église et ses dépendances cédées par le comte Aimoin.
1478
Autorisation de reconstruction
Autorisation de reconstruction
1478 (≈ 1478)
Démolition de l'église romane par l'évêque Bertrand de Chalençon.
1515
Fondation de la Confrérie Notre-Dame-de-Pitié
Fondation de la Confrérie Notre-Dame-de-Pitié
1515 (≈ 1515)
Chapelle dédiée à ses offices.
1ère moitié XVe siècle
Reconstruction de l'église
Reconstruction de l'église
1ère moitié XVe siècle (≈ 1550)
Édifice gothique avec deux chapelles latérales.
1582
Prise du prieuré par les protestants
Prise du prieuré par les protestants
1582 (≈ 1582)
Dégâts supposés à l'église.
1601
Travaux de restauration majeurs
Travaux de restauration majeurs
1601 (≈ 1601)
Voûtes, chapelles et clocher réparés.
1822
Construction de la sacristie
Construction de la sacristie
1822 (≈ 1822)
Adjacente au chevet par le curé Bors.
1850
Transformation des chapelles latérales
Transformation des chapelles latérales
1850 (≈ 1850)
Réunies par le curé Mousses.
4 novembre 1927
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
4 novembre 1927 (≈ 1927)
Protection officielle de l'édifice.
1997
Début des restaurations modernes
Début des restaurations modernes
1997 (≈ 1997)
Projet d'aménagement autour de l'église.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 4 novembre 1927
Personnages clés
| Bertrand de Chalençon - Évêque de Rodez |
Autorise la reconstruction en 1478. |
| Étienne II - Abbé de Conques (XIe siècle) |
Bénéficiaire de la donation de 1074. |
| Aimoin - Comte de Rodez |
Donne l'église à Conques en 1074. |
| Pétronille - Comtesse de Rodez |
Épouse d'Aimoin, co-donatrice en 1074. |
| Jean Mignot - Abbé de Conques (XVIe siècle) |
Dirige les travaux de 1601. |
| Jean Johani - Prieur de Brommat |
Participe aux restaurations de 1601. |
| Antoine Bors - Curé de Brommat |
Construit la sacristie en 1822. |
| Pierre Mousses - Curé de Brommat |
Transforme les chapelles vers 1850. |
| Frédéric Cambournanc - Curé de Brommat |
Achève retable et boiseries du chœur. |
Origine et histoire
L'église Saint-Anthime-et-Saint-Saturnin de Brommat, située dans l'Aveyron en Occitanie, est un édifice religieux dont les origines remontent au XIIe siècle, bien que sa reconstruction majeure ait eu lieu dans la première moitié du XVe siècle. Elle remplace une ancienne église romane, démolie en 1478 sur autorisation de l'évêque de Rodez Bertrand de Chalençon, en raison de son état de dégradation avancé. La nouvelle église, accompagnée de deux chapelles, est construite dans un style gothique tardif, tout comme le prieuré adjacent, appelé le château, qui servait de résidence au prieur nommé par l'abbé de Conques.
Au XVIe siècle, le prieuré est envahi par les protestants en 1582, entraînant probablement des dégâts à l'église, comme en témoignent les travaux de restauration menés en 1601. Ces travaux, dirigés par l'abbé de Conques Jean Mignot et le prieur Jean Johani, incluent la consolidation des voûtes du chœur et des chapelles, ainsi que la réparation du clocher. Les artisans locaux, comme le maçon Jean Solenc et le charpentier Bernard Trin, y participent activement. À cette époque, l'église abrite aussi une confrérie dédiée à Notre-Dame-de-Pitié, fondée en 1515.
Les modifications se poursuivent aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec notamment le bouchage des remplages du chevet pour y installer un retable représentant le martyre de saint Saturnin, patron de l'église. Au XIXe siècle, des transformations majeures sont entreprises : construction d'une sacristie en 1822 par le curé Antoine Bors, puis réunion des chapelles latérales vers 1850 sous l'impulsion du curé Pierre Mousses, qui commande également un retable et une chaire à prêcher. Son successeur, l'abbé Frédéric Cambournanc, achève les dorures et les boiseries du chœur. En 1920, le cimetière entourant l'église est déplacé, et une extension est ajoutée à la sacristie. L'édifice est finalement inscrit aux monuments historiques en 1927, avant de bénéficier d'un projet de restauration à partir de 1997.
L'église se distingue par son clocher peigne abrité, accessible par un escalier partant du porche, et par ses voûtes à liernes et tiercerons ornées de clefs sculptées. Les culs-de-lampe du chœur représentent des figures et des angelots, tandis que la chapelle sud expose le Christ bénissant et les quatre Évangélistes. Ces éléments architecturaux et décoratifs illustrent l'importance historique et religieuse de ce monument, lié à l'abbaye de Conques et à la viguerie du Barrez dès le Moyen Âge.
Brommat, chef-lieu de la viguerie du Barrez dès le IXe siècle, était un centre judiciaire et religieux majeur sous l'autorité des comtes de Rodez. En 1074, le comte Aimoin et son épouse Pétronille cèdent l'église et ses dépendances à l'abbé Étienne II de Conques, faisant de Brommat le prieuré-chef du Barrez. Ce statut renforce le rôle de l'église comme lieu de pouvoir spirituel et temporel, reflétant les dynamiques féodales et ecclésiastiques de la région.