Origine et histoire
L’église Saint-Aquilin de Fontenay-en-Parisis, située dans le Val-d’Oise, est un édifice majeur du patrimoine religieux francilien. Ses origines remontent à la fin du XIe siècle, avec des vestiges romans encore visibles dans le mur méridional du bas-côté sud et la base du clocher. La nef, reconstruite au troisième quart du XIIe siècle, présente des arcades en tiers-point et des chapiteaux gothiques primitifs, tandis que le chœur, bâti entre 1200 et 1260, adopte un voûtement sexpartite rare pour une église rurale. La flèche, culminant à 44 mètres, et les modifications Renaissance, comme la chapelle baptismale de 1583, témoignent de son évolution architecturale.
La première mention écrite de l’église date du début du XIIe siècle, liée à une donation à l’abbaye Saint-Martin-des-Champs. Au XIIIe siècle, le chœur est agrandi avec un déambulatoire atypique, dépourvu de chapelles rayonnantes, et des voûtes d’ogives sexpartites. Les reliques de saint Aquilin, offertes entre 909 et 926, et un fragment de la Vraie Croix donné par saint Louis au XIIIe siècle, renforcent son prestige. Ces éléments attirent des pèlerins, favorisant des dons qui expliquent l’ampleur de l’édifice dans un village modeste.
Au XVIe siècle, des dommages liés aux conflits religieux (notamment après la bataille de Saint-Denis en 1567) entraînent la reconstruction partielle du déambulatoire et des fenêtres hautes de l’abside. La charpente en carène renversée, ajoutée à la même époque, obstrue les fenêtres hautes de la nef, sauf une. La chapelle baptismale, commandée en 1583 par le curé Germain Pluyette au maître-maçon Nicolas de Saint-Michel, marque la dernière extension de l’église. Les Pluyette, famille de curés et théologiens, influencent la vie paroissiale jusqu’au XVIIe siècle.
Classée monument historique en 1886, l’église subit des restaurations extérieures, dont celle du clocher en 1906 par Gabriel Ruprich-Robert, qui supprime les pyramidons d’angle de la flèche. Une restauration complète de l’extérieur, achevée en 2013, contraste avec un intérieur inchangé depuis le XIXe siècle, conservant des stalles du XVIe siècle, un orgue du XVIIe et des peintures murales controversées. L’édifice, aujourd’hui rattaché au diocèse de Pontoise, reste un témoignage exceptionnel de l’architecture religieuse en Île-de-France.
L’église se distingue par son plan irrégulier, avec une nef non voûtée, un chœur à déambulatoire réduit à trois travées, et une abside sans partie droite. Les grandes arcades asymétriques, les chapiteaux variés et les fenêtres triangulaires du XIIIe siècle illustrent des choix architecturaux audacieux. La façade occidentale, remaniée à la Renaissance, intègre une baie monumentale et des contreforts ornés. Le clocher, avec ses baies abat-son gothiques et sa flèche octogonale, domine le paysage, visible de loin grâce à sa position sur un promontoire.
Le mobilier classé inclut des copies de tableaux de Nicolas Poussin (XVIIIe siècle), des stalles médiévales de l’abbaye Saint-Victor, et un buffet d’orgue Louis XIII. Les reliques, aujourd’hui disparues, comme le fragment de la Vraie Croix et celles de saint Aquilin, soulignent son rôle spirituel passé. Malgré des transformations (exhaussement du sol en 1778, badigeonnage au XIXe siècle), l’église conserve des éléments romans rares, comme les baies basses du bas-côté sud, et des traces de polychromie ancienne.