Frise chronologique
vers 640
Fondation de l'ermitage
Fondation de l'ermitage
vers 640 (≈ 640)
Ermitage de saint Astier et chapelle en bois.
IXe siècle (849 ou 855)
Destruction normande
Destruction normande
IXe siècle (849 ou 855) (≈ 950)
Église primitive détruite par les Normands.
1012-1013
Reconstruction bénédictine
Reconstruction bénédictine
1012-1013 (≈ 1013)
Initiée par l’évêque Raoul de Couhé et les vicomtes de Fronsac.
1178
Devenue collégiale
Devenue collégiale
1178 (≈ 1178)
Campagne de travaux associée à ce statut.
XVe siècle (1462)
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
XVe siècle (1462) (≈ 1550)
Chevet, chapelles sud et clocher-porche sous Hélie de Bourdeilles.
1652
Pillage pendant la Fronde
Pillage pendant la Fronde
1652 (≈ 1652)
Prise de la ville par le colonel Balthasar.
1671-1683
Restauration de la nef
Restauration de la nef
1671-1683 (≈ 1677)
Réfection des voûtes et modifications structurelles.
22 janvier 1910
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
22 janvier 1910 (≈ 1910)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 22 janvier 1910
Personnages clés
| Saint Astier - Ermite et fondateur |
Fonda l’ermitage vers 640, donne son nom à l’église. |
| Raoul de Couhé (Radulfi de Cohalia) - Évêque de Périgueux (1000-1013) |
Initiateur de la reconstruction au XIe siècle. |
| Grimoard et Raymond - Co-vicomtes de Fronsac |
Financèrent la restauration vers 1012-1013. |
| Adacius - Abbé puis prieur de Saint-Astier |
Frère des vicomtes, inhumé dans l’église (concile de 1096). |
| Hélie de Bourdeilles - Évêque de Périgueux (1437-1468) |
Supervisa la reconstruction gothique au XVe siècle. |
| Famille de Chaumont - Mécènes (XVIe siècle) |
Fournit trois abbés successifs à la collégiale. |
Origine et histoire
L’église Saint-Astier trouve ses origines dans un ermitage fondé vers 640 par saint Astier, autour duquel une chapelle en bois fut érigée par une princesse guérie par l’ermite. Cette première structure, détruite au IXe siècle par les Normands (vers 849 ou 855), fut abandonnée avant d’être reconstruite au XIe siècle par les moines bénédictins, sous l’impulsion de l’évêque Raoul de Couhé (1000-1013). La charte de fondation de l’abbaye de Saint-Astier en 1013, signée sous Robert le Pieux, atteste de cette reconstruction, tandis que les co-vicomtes de Fronsac, Grimoard et Raymond, contribuèrent à sa restauration vers 1012-1013. Leur frère, Adacius, devint abbé puis prieur de Saint-Astier et y fut inhumé.
L’église devint collégiale en 1178, marquant une nouvelle campagne de travaux. Sa structure actuelle mêle des éléments romans (crypte, murs de la nef) et gothiques (voûtes ogivales, chapelles latérales). Au XVe siècle, sous l’épiscopat d’Hélie de Bourdeilles (1437-1468), le chevet, les chapelles sud, et le clocher-porche fortifié (avec créneaux et mâchicoulis) furent édifiés, remplaçant des structures antérieures. Les voûtes de la chapelle nord, ornées des armes de la famille de Chaumont, datent du XVIe siècle, période où cette famille fournit trois abbés successifs à la collégiale.
L’histoire mouvementée de l’église inclut des destructions pendant la guerre de Cent Ans (sièges en 1377 et sous Charles VII) et la Fronde (prise de la ville en 1652 par le colonel Balthasar, pillage). Des restaurations majeures eurent lieu entre 1671 et 1683, incluant la réfection des voûtes et la suppression de supports destinés à des coupoles. Classée Monument Historique en 1910, l’église conserve des traces de son passé médiéval, comme des bas-reliefs d’apôtres et une crypte abritant le tombeau de saint Astier.
Les sources archéologiques et historiques soulignent son rôle central dans la région, depuis son ermitage fondateur jusqu’à son statut de collégiale. Les études de Jacques Gardelles et Félix de Verneilh mettent en lumière son architecture hybride, inspirée des églises Saint-Étienne-de-la-Cité et Saint-Front de Périgueux. Les campagnes de construction reflètent les bouleversements politiques et religieux, des invasions normandes aux conflits de la Renaissance.
Aujourd’hui, l’église Saint-Astier témoigne de près d’un millénaire d’histoire, avec des éléments défensifs (fortin crénelé) et liturgiques (autels, chapelles) préservés. Son clocher-porche, ses voûtes à liernes et tiercerons, et ses décors héraldiques en font un exemple remarquable du patrimoine religieux aquitain, marqué par les transitions entre roman, gothique et Renaissance.