Frise chronologique
Fin XIe - début XIIe siècle
Construction de la base du clocher
Construction de la base du clocher
Fin XIe - début XIIe siècle (≈ 1225)
Travée initiale et fondations du clocher.
Second quart du XIIe siècle
Construction du clocher roman
Construction du clocher roman
Second quart du XIIe siècle (≈ 1250)
Deux étages romans coiffés d'une flèche.
Seconde moitié du XIIe siècle
Construction de la nef gothique
Construction de la nef gothique
Seconde moitié du XIIe siècle (≈ 1275)
Arcades et bas-côtés ajoutés.
1565-1588
Reconstruction Renaissance
Reconstruction Renaissance
1565-1588 (≈ 1577)
Chœur, transept et deux travées de nef.
1578
Achèvement du transept et chœur
Achèvement du transept et chœur
1578 (≈ 1578)
Travaux dirigés par les Le Mercier.
1763
Reconstruction de la façade occidentale
Reconstruction de la façade occidentale
1763 (≈ 1763)
Style classique et première travée refaite.
19 janvier 1911
Classement monument historique
Classement monument historique
19 janvier 1911 (≈ 1911)
Protection de l'édifice en totalité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église : classement par arrêté du 19 janvier 1911
Personnages clés
| Nicolas Le Mercier - Maître-maçon |
Dirigea la reconstruction Renaissance (1565-1588). |
| Denis Le Mercier - Maître-maçon |
Collabora avec Nicolas sur les travaux. |
| Louis Régnier - Historien et archéologue |
A étudié l'église au début du XXe siècle. |
| Maurice Lotte - Historien local |
A documenté l'architecture de l'édifice. |
| Bernard Duhamel - Spécialiste du Vexin |
Analysa les chapiteaux et la structure. |
Origine et histoire
L'église Saint-Aubin d'Ennery, située dans le Val-d'Oise en Île-de-France, est un édifice religieux dont la construction s'échelonne du XIe au XVIIIe siècle. Elle combine des éléments architecturaux romans, gothiques primitifs et Renaissance, reflétant les évolutions stylistiques et les besoins liturgiques de chaque époque. Le clocher roman, daté du second quart du XIIe siècle, est considéré comme un chef-d'œuvre pour ses proportions harmonieuses et son élégance. La nef, construite dans la seconde moitié du XIIe siècle, illustre le gothique primitif avec ses grandes arcades et ses chapiteaux sculptés, bien que dépourvue de voûtes d'origine.
Au XVIe siècle, une reconstruction partielle est entreprise sous la direction des maîtres-maçons Denis et Nicolas Le Mercier, originaires de Pontoise. Entre 1565 et 1588, ils édifient un chœur et un transept de style Renaissance, inspirés de l'église Saint-Martin de Triel. Ces parties, homogènes et solidement construites, contrastent avec la nef gothique plus ancienne. Le projet initial prévoyait une reconstruction totale, mais les contraintes budgétaires ont limité les travaux à ces ajouts. La façade occidentale, quant à elle, est refaite au XVIIIe siècle dans un style classique sobre, marquant une rupture stylistique supplémentaire.
L'église est classée monument historique en 1911 pour son intérêt architectural et historique. Elle conserve des éléments mobiliers remarquables, dont des statues médiévales et une frise sculptée représentant le Christ et les Douze Apôtres dans le chœur Renaissance. Le clocher, avec ses colonnettes et ses baies géminées, reste l'un des éléments les plus étudiés pour son style roman abouti. Les bas-côtés, partiellement voûtés, et les chapiteaux décorés de feuillages témoignent de la transition entre les périodes roman et gothique.
Sous l'Ancien Régime, la paroisse d'Ennery dépendait de l'archidiocèse de Rouen, bien qu'une tradition locale, attestée en 1595, évoque une exemption ecclésiastique liée au chapitre de Saint-Mellon de Pontoise. Cette exemption, jamais prouvée par des actes authentiques, aurait regroupé plusieurs paroisses voisines sous une autorité distincte de l'archevêque. Les origines de la paroisse restent obscures, avec des dîmes partagées entre plusieurs établissements religieux, dont la collégiale Saint-Honoré de Paris et l'hôtel-Dieu de Pontoise.
Les travaux du XVIe siècle s'inscrivent dans un mouvement de reconstruction régionale, où plusieurs églises du Vexin français sont rénovées ou agrandies. Les Le Mercier, architectes renommés, ont également travaillé sur des projets similaires à Épiais-Rhus et Cormeilles-en-Vexin. Leur intervention à Ennery se distingue par l'utilisation de voûtes d'ogives gothiques dans un contexte Renaissance, évitant ainsi les plafonds monotones typiques de cette période. La chapelle latérale sud, ornée de peintures polychromes, et la frise des Apôtres dans le chœur, ajoutent une dimension artistique rare pour l'époque.
Au XVIIIe siècle, des réparations et modifications, comme la reconstruction de la première travée de la nef et de la façade occidentale, altèrent partiellement l'aspect médiéval de l'édifice. Malgré ces transformations, l'église conserve une structure complexe, avec une nef à sept travées de styles variés, deux transepts, et un chœur Renaissance à chevet plat. Les vitraux, bien que partiellement conservés, et les éléments de mobilier classé, comme les statues de la Vierge à l'Enfant, complètent ce patrimoine riche et diversifié.