Origine et histoire de l'Église Saint-Aubin
L'église Saint-Aubin, également dédiée à sainte Geneviève, est une église catholique paroissiale de Cauffry (Oise), classée au titre des monuments historiques par arrêté du 21 novembre 1930 et affiliée à la paroisse Saint-Martin du Liancourtois. Elle se situe dans le village ancien de Cauffry, près de la voie ferrée et de la gare de Liancourt-Rantigny ; le centre communal s'est déplacé au nord et l'édifice occupe aujourd'hui une position plutôt périphérique, la façade méridionale donnant sur la rue Jean-Rival et le chevet sur la rue du 1er Septembre. L'église présente un plan d'origine très simple fréquent dans le Beauvaisis aux XIe-XIIe siècles : une nef-grange, un clocher interposé en bâtière et un chœur à chevet plat d'une seule travée. La nef est d'origine romane mais a été fortement remaniée : rehaussement, adjonction d'un bas-côté nord au XIIIe siècle, ajout d'un porche et reconstruction du mur méridional ; seuls subsistent nettement le linteau et le tympan du portail ainsi que la fenêtre occidentale de la nef. Le clocher en bâtière et le chœur datent du dernier quart du XIIe siècle et représentent la période de transition du roman au gothique, conservant toutefois des caractéristiques romanes tout en étant voûtés d'ogives dès l'origine. L'étage de beffroi du clocher, le plus remarquable de l'édifice, ouvre sur chaque face par deux baies gémelées en plein cintre, elles‑mêmes subdivisées en deux petites baies et encadrées de colonnettes à chapiteaux formant des faisceaux. Ces baies, les archivoltes toriques, les colonnettes décorées de crochets et la corniche beauvaisine caractérisent un type régional apparu à la fin du XIIe siècle dont Cauffry offre l'une des rares variantes romanes. Des remaniements postérieurs ont ajouté un porche et un bas-côté, rehaussé la nef et adossé deux chapelles au nord ; ces chapelles, dépourvues d'ornementation intérieure et couvertes de plafonds en bois, sont difficilement datables. L'église est orientée de manière approximative et ne comporte qu'un accès principal par le portail occidental ; elle n'a jamais eu de transept, comme l'atteste la fenêtre romane au rez-de-chaussée du clocher. À l'intérieur, la nef est couverte d'une fausse voûte en berceau de plâtre sans subdivision en travées ; elle reçoit la lumière par trois fenêtres hautes côté sud et une fenêtre sous le pignon ouest. Une pile centrale sépare la nef du bas-côté nord par deux grandes arcades brisées ; son chapiteau rond, qualifié de roman, est sculpté de huit feuilles à cinq lobes. Le bas-côté conserve un caractère rustique avec une charpente partiellement apparente, un dallage en pierre, une petite baie romane à l'ouest, et une communication vers la chapelle nord de la base du clocher par une arcade en anse de panier. La base du clocher et le chœur forment un ensemble homogène : leurs chapiteaux, aujourd'hui grattés et regrattés, présentent des enroulements, des volutes et des feuilles de nénuphar, et soutiennent des voûtes d'ogives au profil archaïque. Le chevet comporte un triplet de baies en plein cintre dont la baie centrale est plus large et plus haute ; les ébrasements et le formeret présentent une polychromie non datée, la plus lisible représentant des vignes. Du côté du chœur se trouve une piscine liturgique également décorée ; la baie méridionale du chœur a apparemment été retouchée. Les deux chapelles nord sont de plan carré, similaires en dimensions, intercommuniquent par une arcade en plein cintre et ont des plafonds en bois sans décor religieux ; l'une d'elles a été partiellement rattachée à la sacristie par subdivision intérieure. Extérieurement, le clocher est flanqué de contreforts orthogonaux, percé de fenêtres abat-son gémelées inscrites dans des doubles archivoltes et surmonté d'une corniche beauvaisine formée de petites arcatures et de modillons. Le chevet affiche des corniches plus saillantes, des modillons sculptés partiellement en masques et des contreforts à ressauts caractéristiques du gothique primitif, tandis que l'ornementation des fenêtres reste sobre. Au nord de la chapelle latérale se trouve une ancienne croix de cimetière classée, à socle octogonal sculpté et soubassement traité en degrés. L'église conserve plusieurs éléments de mobilier classés : les fonts baptismaux du début du bas-côté, datés vers 1230, une Vierge de Pitié en pierre calcaire peinte du XVIe siècle accrochée dans la nef, et une Vierge à l'Enfant grandeur nature du second quart du XVIe siècle, très restaurée et polychromée au XIXe siècle, placée dans la chapelle latérale du chœur. La chaire à prêcher existe encore, ainsi que plusieurs statues et bancs anciens portant des plaques de paroissiens, mais ces éléments ne sont pas classés.