Frise chronologique
XIIe siècle
Construction de la tour-clocher romane
Construction de la tour-clocher romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Élément le plus ancien conservé.
XVe siècle
Ajout de la chapelle latérale
Ajout de la chapelle latérale
XVe siècle (≈ 1550)
Bas-côté et fenêtres flamboyantes.
1657
Réalisation du retable du maître-autel
Réalisation du retable du maître-autel
1657 (≈ 1657)
Œuvre de René Trouillard, style lavallois.
9 mars 1906
Inventaire conflictuel de l’église
Inventaire conflictuel de l’église
9 mars 1906 (≈ 1906)
Refus du curé M. Baudre.
9 janvier 1926
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
9 janvier 1926 (≈ 1926)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 9 janvier 1926
Personnages clés
| M. Baudre - Curé de Loigné-sur-Mayenne en 1906 |
Opposé à l’inventaire des biens. |
| René Trouillard - Architecte à Château-Gontier |
Auteur du retable de 1657. |
Origine et histoire
L'église Saint-Aubin de Loigné-sur-Mayenne, édifiée principalement au XVIe siècle, conserve des traces architecturales plus anciennes, comme une tour-clocher romane du XIIe siècle. Au XVe siècle, une chapelle latérale y fut ajoutée, formant un bas-côté de trois travées, tandis que des fenêtres flamboyantes et des contreforts furent percés. L’édifice illustre ainsi la superposition de styles, mêlant roman, gothique tardif et ajouts postérieurs.
L’inventaire des biens de l’Église en 1906 marqua un épisode conflictuel : le curé M. Baudre refusa d’ouvrir l’église à l’agent gouvernemental, obligeant ce dernier à procéder à trois sommations légales devant une centaine de paroissiennes indifférentes. Ce conflit reflète les tensions liées à la loi de séparation des Églises et de l’État (1905). L’église fut finalement inscrite aux Monuments Historiques le 9 janvier 1926, reconnaissant sa valeur patrimoniale.
À l’intérieur, l’édifice abrite une voûte en bois et une charpente apparente, ainsi que deux retables en tuffeau et marbre. Le retable du maître-autel (1657), œuvre de l’architecte René Trouillard, représente une Nativité encadrée de statues polychromes (saint Pierre, saint Jean-Baptiste, saint Aubin). Ses quatre colonnes de marbre en font un exemple typique du retable lavallois. Un second retable, dédié à saint Sébastien, date du XVIIIe siècle. Des traces d’un ancien degré menant au sacraire subsistent sur un mur.
La façade occidentale présente deux portes : l’une, condamnée, était probablement réservée aux femmes, tandis que l’autre, encore en usage, était destinée aux hommes. Cette séparation des entrées selon le genre témoigne des usages liturgiques et sociaux de l’époque médiévale et moderne.
Les sources historiques citent des ouvrages locaux, comme La Mayenne de village en village (Gilbert Chaussis, 1988) ou le Dictionnaire historique de la Mayenne (Angot & Gaugain, 1900–1910), qui documentent son rôle dans le diocèse de Laval. Aujourd’hui, l’église reste un lieu de culte et un patrimoine protégé, géré par la commune.