Origine et histoire de l'Église Saint-Aubin
L'église Saint-Aubin, située à Pacy-sur-Eure dans l'Eure, est placée sous le vocable de saint Aubin, évêque d'Angers au VIe siècle, et est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 26 décembre 1927. Une église primitive, donnée par Guillaume Fitz Osbern en 1050 à l'abbaye de Lyre, se dressait à l'emplacement de l'édifice actuel. L'édifice principal a été construit dans les quarante premières années du XIIIe siècle et a fait l'objet de modifications à la fin du XIVe ou au début du XVe siècle. La majorité des maçonneries est en pierre de Vernon, incrustée de silex noir, matériau courant à l'époque et largement exporté. De plan cruciforme à chevet plat, l'église a été édifiée dans la première moitié du XIIIe siècle : les premières travées, datées vers 1210, montrent une influence chartraine pour les piliers, tandis que les travées suivantes, le transept et les parties basses du chœur, datent d'environ 1220 et relèvent d'une influence rouennaise. Les voûtes du chœur et du carré du transept datent du XVe siècle, tandis que celles de la nef datent de 1869. La voûte du croisillon nord présente un œil destiné au passage des cloches, vestige de la position de l'ancien clocher ; le clocher actuel s'élève au carré du transept, de plan octogonal et surmonté d'une courte flèche. De nombreuses restaurations se sont succédé aux XIXe et XXe siècles : repavage du chœur en 1835, reconstruction des voûtes de la nef en 1869, restauration de la chapelle Saint-Nicolas en 1873, construction d'une tourelle d'escalier sur la façade occidentale en 1898, création d'une nouvelle sacristie en 1903 et restauration de la chapelle de la Vierge en 1904 ; des travaux de restauration sont également menés depuis 1990. Des interventions antérieures ont eu lieu aux XVIe, XVIIIe et XIXe siècles : les portes et vitraux ont été modifiés le 19 avril 1526, d'importants travaux sont signalés en 1698 à l'intérieur et au clocher, et le clocher est réparé après un orage en août 1729. Au XIXe siècle, la municipalité et la fabrique ont conduit des réparations extérieures et des travaux de confortement des couvertures, repavage du chœur et ouverture de grandes verrières ; la nef a été profondément transformée lors de la mise en place d'un voûtement d'ogives remplaçant la charpente lambrissée. L'église avait été classée au titre des monuments historiques en 1875 puis déclassée en 1886 pour absence d'accord des autorités compétentes, avant d'être inscrite en 1927. Les archives médiévales de la ville ayant été détruites par un incendie, peu de documents anciens subsistent ; les sources relatives aux travaux modernes et contemporains sont consultables aux archives départementales de l'Eure. Les murs conservent des restes de peintures murales et de polychromie en mauvais état : les chapiteaux des piles centrales montrent des tons jaune à ocre soulignant des feuilles stylisées, une pile cylindrique nord porte les restes d'une feuille de vigne et de teintes de carnation (que l'abbé Quesnel identifiait à un ange) et le transept présente un motif d'étoiles sur fond bleu. Une copie inversée de L'Érection de la Croix de Charles Le Brun figure parmi les peintures sur toile, l'original étant conservé au musée des Beaux-Arts de Troyes. Les vitraux comprennent un fragment polychrome du XVIe siècle représentant saint Nicolas dans le transept ouest, un triplet du chevet de François Décorchemont (1951) représentant l'Assomption, un vitrail non figuratif à dominante bleue de J.P. Tisserand dans la chapelle latérale nord, deux vitraux de Décorchemont dans la chapelle latérale sud (1953-1957) et un vitrail au-dessus du portail occidental portant le portrait du donateur (1900). Le mobilier et la statuaire comprennent un maître-autel composé de quatre panneaux en pâte de verre coulée dans du ciment par François Décorchemont, des porte-cierges en forme d'ibis du même artiste, une Pietà avec Marie-Madeleine du XVIe siècle, une Sainte Anne avec la Vierge enfant en polychromie du XVIe siècle, une sculpture en pierre du XVIe siècle représentant saint Michel terrassant le dragon dans la chapelle nord, ainsi qu'une Vierge à l'Enfant attribuée à Germain Pilon, du XVIe siècle, provenant de la chapelle funéraire de Diane de Poitiers à Anet ; les bancs à dossier du chœur datent de l'époque Louis XIV. Les grandes orgues, provenant de l'église Saint-Désir de Lisieux et datées du XIXe siècle, ont été installées en 1900 ; elles comportent deux claviers, un pédalier et vingt registres.