Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Église Saint-Augustin d'Espagnac à Espagnac-Sainte-Eulalie dans le Lot

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise gothique

Église Saint-Augustin d'Espagnac

    Le Bourg
    46320 Espagnac-Sainte-Eulalie
Propriété de la commune
Crédit photo : P. Danilo Royet - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1700
1800
1900
2000
vers 1150
Fondation du prieuré
vers 1289
Achèvement de l'église
avant 1295
Érection du tombeau d'Aymeric Hébrard
début XIIIe siècle
Prieuré confié aux chanoinesses
1320–1340
Reconstruction du chevet
XVIIe siècle
Réduction de l'église
11 avril 1906
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise d'Espagnac et les tombeaux qu'elle renferme : classement par arrêté du 11 avril 1906

Personnages clés

Bertrand de Griffeuil - Fondateur du prieuré Bienheureux, fonde le prieuré vers 1150.
Aymeric Hébrard de Saint-Sulpice - Évêque de Coïmbra Protège le monastère, reconstruit l'église (mort avant 1295).
Hugues de Cardaillac - Chevalier et écuyer du pape Gisant dans le chevet, mort en 1342.
Gaillard de Cardaillac - Archidiacre de Rodez Tombeau dans l'église, mort en 1359.

Origine et histoire

L'église Saint-Augustin d'Espagnac, située dans la commune d'Espagnac-Sainte-Eulalie (Lot, Occitanie), est un édifice gothique construit aux XIIIe et XIVe siècles. Elle remplace un prieuré fondé vers 1150 par Bertrand de Griffeuil, cédé ensuite à l'abbaye de la Couronne en Charente. Au début du XIIIe siècle, le prieuré est confié à des chanoinesses de Saint-Augustin, et sa reconstruction est entreprise sous la protection d'Aymeric Hébrard de Saint-Sulpice, évêque de Coïmbra. L'église est achevée vers 1289, tandis que le tombeau de l'évêque est érigé avant 1295.

Le chevet actuel, de style gothique, résulte d'une reconstruction datée des années 1320–1340, identifiée grâce aux armoiries des Cardaillac-Brengues présentes sur une clef de voûte et un gisant. Ce dernier représenterait Hugues de Cardaillac, écuyer du pape Jean XXII, mort en 1342. Les deux chapelles latérales sont ajoutées dans la première moitié du XIVe siècle. Au XVIIe siècle, l'église est partiellement détruite et réduite à son chevet et une travée de nef, conservant ainsi quatre ou cinq des travées originales.

Classée monument historique en 1906, l'église abrite plusieurs tombeaux, dont ceux d'Aymeric Hébrard de Saint-Sulpice et de membres de la famille Cardaillac. Son architecture mêle des éléments romanes (ruines de la nef) et gothiques (chevet à abside pentagonale voûtée d'ogives). Les clefs de voûte portent les armes des Cardaillac de Brengues-Montbrun, témoignant de leur influence sur les lieux.

À l'origine, l'église appartenait au monastère Notre-Dame de Val-Paradis, un prieuré augustinien dont subsistent aussi des vestiges comme la chambre de la prieure (peintures du XVIe siècle) et des arcades romanes du cloître. Le clocher, de forme carrée, et les ouvertures flamboyantes du chœur datent des reconstructions post-guerre de Cent Ans. Trois tombeaux encastrés, ornés de gisants (guerrier, religieuse, évêque), soulignent son importance historique et religieuse.

Les sources historiques, comme les travaux d'Edmond Albe ou Louis d'Alauzier, confirment l'évolution architecturale de l'édifice, liée aux familles nobles locales (Cardaillac, Trian) et aux institutions religieuses (abbaye de la Couronne, ordre de Saint-Augustin). Aujourd'hui, l'église et ses tombeaux restent protégés, illustrant le patrimoine médiéval et monastique du Quercy.

Liens externes