Crédit photo : Photo taken by (Thierry Bézecourt) - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
vers 1130
Construction de l'abbatiale
Construction de l'abbatiale
vers 1130 (≈ 1130)
Deuxième des cinq églises majeures d'Auvergne.
15 octobre 1575
Tentative d'incendie par Matthieu Merle
Tentative d'incendie par Matthieu Merle
15 octobre 1575 (≈ 1575)
Échec suivi de violences contre trois religieux.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments protégés en France.
1857-1860
Restauration de la polychromie intérieure
Restauration de la polychromie intérieure
1857-1860 (≈ 1859)
Dirigée par le peintre Anatole Dauvergne.
3 juillet 2016
Incendie criminel
Incendie criminel
3 juillet 2016 (≈ 2016)
Dégâts limités au mobilier et un tableau.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Austremoine : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Austremoine de Clermont - Premier évêque de Clermont |
Dédicataire de l'abbatiale, évangélisateur de l'Auvergne. |
| Matthieu Merle - Capitaine protestant |
Tenta de brûler l'église en 1575. |
| Anatole Dauvergne - Peintre-restaurateur |
Restitua la polychromie entre 1857 et 1860. |
Origine et histoire
L'abbatiale Saint-Austremoine d'Issoire, édifiée vers 1130, est un chef-d'œuvre du style roman auvergnat. Deuxième des cinq églises majeures d'Auvergne, elle se distingue par son chevet monumental, unique avec sa chapelle axiale rectangulaire et ses chapelles rayonnantes. Construite en arkose et ornée de basalte, sa décoration extérieure allie mosaïques géométriques, frises en damier et symboles zodiacaux, reflétant l'ordre cosmique médiéval. Le massif barlong, typique de l'architecture romane auvergnate, accentue son élan vertical, tandis que les modillons et claveaux polychromes soulignent son raffinement.
À l'intérieur, la polychromie du XIIIe siècle, restaurée entre 1857 et 1860 par Anatole Dauvergne, surprend par ses couleurs vives à dominante rouge-brun. Les huit chapiteaux du chœur, dont celui de la Cène particulièrement remarquable, illustrent le cycle pascal, de la Passion à la Résurrection. Ces sculptures, attribuées à un atelier provençal itinérant, mêlent narration biblique et motifs végétaux. L'église, classée dès 1840 parmi les premiers monuments historiques français, a survécu à des tentatives de destruction, comme l'incendie criminel de 2016, qui n'a endommagé que du mobilier.
Dédiée à Austremoine, premier évêque de Clermont au IIIe siècle, l'abbatiale fut initialement un monastère bénédictin. Son histoire tumultueuse inclut l'épisode de 1575, lorsque le capitaine protestant Matthieu Merle, après avoir pris Issoire, tenta sans succès de brûler l'édifice, se vengeant en faisant écorcher vifs trois religieux. Les restaurations du XIXe siècle ont permis de retrouver sa splendeur d'origine, notamment grâce à la technique rare de la fresque a fresco, suggérant une influence méridionale ou italienne.
Architecturalement, l'abbatiale partage des similitudes avec Notre-Dame-du-Port de Clermont-Ferrand et Saint-Nectaire, comme les arcs de raidissement et les baies aveugles des façades latérales. Son chevet, le plus imposant des cinq églises majeures, symbolise la puissance spirituelle et artistique de l'Auvergne médiévale. Les ornements extérieurs — cordons de billettes, frontons triangulaires, croix de pierre — se retrouvent sur le clocher et les bras du transept, créant une harmonie visuelle unique.
Aujourd'hui propriété de la commune d'Issoire, l'abbatiale reste un témoignage exceptionnel de l'art roman, alliant innovation structurelle et richesse iconographique. Son classement précoce et sa restauration minutieuse en font un patrimoine incontournable, malgré les outrages du temps et des hommes.