Frise chronologique
Xe siècle
Première mention de l'église
Première mention de l'église
Xe siècle (≈ 1050)
Lieu de culte déjà attesté.
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Édifice roman primitif selon Wikipedia.
XIIe siècle
Période majeure de construction
Période majeure de construction
XIIe siècle (≈ 1250)
Chevet, portail, sculptures datés.
1273 et 1278
Actes de renonciation à la dîme
Actes de renonciation à la dîme
1273 et 1278 (≈ 1278)
En faveur de l’Église de Comminges.
1707
Translation des reliques
Translation des reliques
1707 (≈ 1707)
Reliquaire en argent pour saint Aventin.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Première liste française (1 034 monuments).
XIXe siècle
Restaurations majeures
Restaurations majeures
XIXe siècle (≈ 1865)
Sacristie, clochers, assèchement des murs.
1876
Redécouverte des peintures
Redécouverte des peintures
1876 (≈ 1876)
Fresques de l’abside par Bertrand Bernard.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Saint Aventin - Martyr et saint patron |
Sépulture et reliques dans l’église. |
| Bertrand Bernard - Découvreur des peintures (1876) |
A révélé les fresques de l’abside. |
| Abellio - Divinité pyrénéenne antique |
Autels gallo-romains réemployés dans l’église. |
| Saint Saturnin (ou Sernin) - Évêque de Toulouse |
Représenté dans les peintures murales. |
Origine et histoire
L'église Saint-Aventin-de-Larboust, classée monument historique dès 1840 parmi les 1 034 premiers sites protégés en France, est un joyau de l'art roman pyrénéen. Construite principalement au XIIe siècle, elle intègre des éléments plus anciens, comme des autels gallo-romains dédiés au dieu pyrénéen Abellio et des cippes funéraires réemployés dans sa façade méridionale. Son architecture mêle influences lombardes (bandes et arcatures) et locales, avec un chevet asymétrique composé d’une abside semi-circulaire flanquée d’une seule absidiole, couvertes d’ardoises.
Le portail méridional, daté du XIIe siècle, est un chef-d’œuvre sculptural : son tympan représente le Christ en gloire entouré du tétramorphe porté par des anges, tandis que ses chapiteaux historiés illustrent des scènes bibliques (Marie-Madeleine, le massacre des Innocents) et la vie de saint Aventin, martyr local. À l’intérieur, la nef voûtée d’arêtes et les collatéraux abritent des peintures murales découvertes en 1878, datant de la fin du XIIe au début du XIIIe siècle, ainsi que des traces de décorations du XVIe siècle. Le chœur, surélevé, conserve une grille en fer forgé et le tombeau de saint Aventin, dont les reliques, placées en 1707 dans un reliquaire lyonnais, attirent les pèlerins.
L’édifice possède deux clochers distincts : l’occidental, élancé et orné de frises (damier, billettes), domine la façade avec ses baies géminées et ses modillons sculptés, tandis que l’oriental, plus trapu, présente des ancres en Y et des fenêtres simples. Les restaurations du XIXe siècle (sacristie, assèchement des murs) ont préservé des éléments médiévaux, comme les 12 remplois gallo-romains et les bas-reliefs extérieurs, dont un musicien à la vièle et une Vierge à l’Enfant foulant des animaux fantastiques. Ces détails témoignent de l’importance culturelle et religieuse du site, lié à la fois au culte local de saint Aventin et à l’héritage antique des Pyrénées.
L’église, propriété communale, est mentionnée dès le Xe siècle comme lieu de pèlerinage. Au Moyen Âge, elle dépendait de l’Église de Comminges, comme en attestent les actes de renonciation à la dîme en 1273 et 1278. Les peintures de l’abside, représentant saint Aventin et saint Saturnin (évêque de Toulouse), furent redécouvertes en 1876 par Bertrand Bernard. La Révolution française dispersa une partie de son mobilier, dont deux grilles en fer forgé séparant autrefois le chœur de la nef, mais la municipalité racheta celle de la nef. Les travaux des XIXe et XXe siècles (réparation des clochers, aménagement de la sacristie) visèrent à préserver ce patrimoine exceptionnel, symbole de la continuité religieuse et artistique en Comminges.
Les sculptures extérieures, comme le bas-relief de la découverte de la sépulture de saint Aventin par un taureau, ou les autels païens dédiés à Abellio, illustrent la superposition des cultes et des époques. À l’intérieur, le bénitier orné de colombes et d’un agneau, ainsi que le Christ en croix et les reliques du saint, soulignent la dimension spirituelle du lieu. Les études récentes (notamment celles d’Élodie Combe en 2000) ont permis de retracer les états successifs de l’édifice, révélant son évolution depuis le XIe siècle jusqu’aux ajouts modernes, tout en confirmant son rôle central dans l’histoire religieuse et artistique de la Haute-Garonne.