Frise chronologique
XIVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIVe siècle (≈ 1450)
Partie la plus ancienne édifiée.
1538
Voûte et collatéraux
Voûte et collatéraux
1538 (≈ 1538)
Agrandissement gothique flamboyant.
XVe siècle
Tour fortifiée
Tour fortifiée
XVe siècle (≈ 1550)
Ajout pendant la guerre de Cent Ans.
1779–1959
Réparations du clocher
Réparations du clocher
1779–1959 (≈ 1869)
10 interventions après impacts de foudre.
1960
Installation du maître-autel
Installation du maître-autel
1960 (≈ 1960)
Transféré depuis la cathédrale d’Aire-sur-Adour.
13 janvier 1998
Inscription MH
Inscription MH
13 janvier 1998 (≈ 1998)
Reconnaissance patrimoniale officielle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise en totalité (cad. C 282) : inscription par arrêté du 13 janvier 1998
Personnages clés
| Gustave-Pierre Dragrant - Maître verrier |
Auteur des vitraux (1907). |
| Duvigneau - Peintre décorateur |
Auteur de la peinture murale (1946). |
| Monseigneur Delannoy - Évêque d’Aire et de Dax |
Commanditaire du maître-autel (1898). |
| Abbé Salvat - Curé de Poyartin |
Initiateur du transfert du maître-autel (1960). |
Origine et histoire
L’église Saint-Barthélemy de Poyartin, située dans le département des Landes, trouve ses origines au XIVe siècle avec la construction de sa partie la plus ancienne. Ce monument religieux, marqué par l’histoire mouvementée de la région, témoigne des évolutions architecturales et des besoins défensifs de l’époque médiévale.
Au XVe siècle, pendant la guerre de Cent Ans, une tour fortifiée est érigée, équipée d’archères et d’une bretèche, reflétant les tensions militaires de la période. Ce renforcement défensif illustre l’adaptation des églises en zones de conflit, où elles servaient aussi de refuges pour les populations locales.
Le XVIe siècle voit l’agrandissement de l’église avec l’ajout de deux collatéraux et la pose d’une voûte à liernes et tiercerons, caractéristique de l’architecture gothique flamboyant. Une inscription sur la clef de voûte (« l’an MVCXXXVIII ceste chapeles fut faicte ») atteste de travaux datés de 1538. Ces aménagements reflètent la prospérité retrouvée après les troubles de la guerre.
Entre le XVIIe et le XXe siècle, l’église subit des modifications et réparations majeures. Au XVIIe siècle, un porche nord est aménagé, et la tour est ouverte sur la nef. Le clocher, endommagé à répétition (notamment par la foudre), est réparé 10 fois entre 1779 et 1959, révélant les défis de conservation posés par les intempéries et le temps. En 1905, la charpente, menacée d’effondrement, fait l’objet de travaux urgents.
L’église est inscrite aux monuments historiques depuis le 13 janvier 1998, reconnaissant sa valeur patrimoniale. En 1999, une restauration majeure concerne la charpente principale et le clocher, préservant ainsi son bulbe de style oriental, couvert d’ardoises et de zinc, et ses contreforts massifs. Ces interventions soulignent l’engagement continu pour sa sauvegarde.
À l’intérieur, l’église abrite des œuvres remarquables : un tableau du XIXe siècle représentant saint Vincent de Paul (inscrit aux Monuments historiques en 1983), une peinture murale de Duvigneau (1946) commémorant le retour de prisonniers de guerre, et des vitraux signés Gustave-Pierre Dragrant (1907), maître verrier bordelais. Le maître-autel, initialement conçu pour la cathédrale d’Aire-sur-Adour en 1898, trouve finalement sa place à Poyartin en 1960 après un parcours mouvementé.
L’orgue Debierre (Nantes), doté de 5 jeux et d’un clavier transpositeur, complète ce patrimoine. Son histoire, comme celle des autres éléments, illustre les liens entre l’église, l’artisanat local et les évolutions liturgiques à travers les siècles.