Frise chronologique
vers 1140
Fondation présumée de la paroisse
Fondation présumée de la paroisse
vers 1140 (≈ 1140)
Donation à l’abbaye Saint-Symphorien de Beauvais
1160-1180
Construction du chœur roman-gothique
Construction du chœur roman-gothique
1160-1180 (≈ 1170)
Chapiteaux sculptés inspirés de Senlis
XIIIe siècle (fin)
Ajout du croisillon nord
Ajout du croisillon nord
XIIIe siècle (fin) (≈ 1384)
Chapelle de style rayonnant tardif
1510
Consécration après travaux
Consécration après travaux
1510 (≈ 1510)
Par Louis de Villiers, évêque de Beauvais
1530-1550
Remplage Renaissance du chevet
Remplage Renaissance du chevet
1530-1550 (≈ 1540)
Baie flamboyante à arcs en plein cintre
XVe siècle
Reconstruction flamboyante de la nef
Reconstruction flamboyante de la nef
XVe siècle (≈ 1550)
Voûtement et bas-côté nord ajoutés
9 mars 1921
Classement monument historique
Classement monument historique
9 mars 1921 (≈ 1921)
Protection de l’édifice et de ses chapiteaux
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 19 mars 1921
Personnages clés
| Philippe de Dreux - Évêque de Beauvais (1175-1217) |
Mentionne Villeneuve dans une lettre (1180-1202) |
| Eudes Percebot - Seigneur de Pont-Sainte-Maxence |
Donateur initial du prieuré Saint-Symphorien |
| Louis de Villiers de L'Isle-Adam - Évêque de Beauvais (début XVIe) |
Consacre l’église en 1510 après travaux |
| Dominique Vermand - Historien de l’art (XXe-XXIe) |
A étudié ses chapiteaux et leur inspiration soissonnaise |
| Jean-Marc Popineau - Archiviste et archéologue |
A analysé l’essartage médiéval local et l’église |
Origine et histoire
L'église Saint-Barthélemy, située à Villeneuve-sur-Verberie dans l'Oise, est un édifice religieux des XIIe et XVIe siècles, marqué par une transition entre les styles roman et gothique. Sa construction débute vers 1160-1180, avec un chœur aux chapiteaux sculptés inspirés de la cathédrale de Senlis. Les portails, d’influence gothique, et le clocher imposant reflètent cette dualité stylistique. Une chapelle nord, ajoutée au XIIIe siècle, et un bas-côté flamboyant (XVe siècle) complètent son plan dissymétrique.
Le chœur, partie la plus ancienne, conserve des voûtes romanisantes et des chapiteaux historiés rares dans l’Oise, représentant des scènes bibliques comme la Nativité ou la Fuite en Égypte. Ces sculptures, datées des années 1170, évoquent l’art soissonnais. La nef, voûtée à la période flamboyante, contraste avec la sobriété extérieure, où les contreforts plats et les baies en plein cintre rappellent encore le roman.
Classée monument historique en 1921, l’église a subi des remaniements après la guerre de Cent Ans, notamment la reconstruction partielle de la nef et l’ajout du bas-côté nord. Son mobilier inclut des statues classées (Vierge du XIVe siècle, saint Louis du XVIIe) et des panneaux peints du XVIe. Aujourd’hui affiliée à la paroisse Saint-Rieul de Senlis, elle accueille des offices mensuels, perpétuant son rôle central dans la vie locale.
L’édifice s’inscrit dans le paysage médiéval du Valois, marqué par l’essartage du XIIe siècle. Villeneuve-sur-Verberie, fondation liée à la forêt d’Halatte, voit son église mentionnée pour la première fois entre 1180 et 1202 dans une lettre de Philippe de Dreux, évêque de Beauvais. La paroisse, initialement sous le patronage du prieuré Saint-Symphorien de Pont-Sainte-Maxence, relève du diocèse de Beauvais jusqu’à la Révolution.
Le clocher, disproportionné pour la taille de l’église, domine le village avec ses baies géminées et ses colonnettes à chapiteaux sculptés. Son étage de beffroi, décoré de billettes et de mascarons, contraste avec la simplicité des parties basses. La tourelle d’escalier, contemporaine du croisillon nord (XIIIe siècle), témoigne des adaptations successives de l’édifice, tandis que le chevet plat, remanié à la Renaissance (vers 1530-1550), intègre une baie flamboyante à remplage hybride.
Les sources archéologiques (Jean-Marc Popineau, Dominique Vermand) soulignent l’originalité de ses chapiteaux, inspirés du Soissonais, et son rôle dans l’histoire locale. Malgré des lacunes documentaires sur sa fondation, l’église reste un exemple remarquable de l’architecture religieuse picarde, mêlant influences romanes, gothiques et Renaissance.