Frise chronologique
1163
Donation à l'abbaye de Montebourg
Donation à l'abbaye de Montebourg
1163 (≈ 1163)
Acte de Guillaume de Beaumont ratifié par Henri II.
1750
État dégradé de la nef
État dégradé de la nef
1750 (≈ 1750)
Charpente et couverture à réparer avant 1764.
1753
Construction du presbytère
Construction du presbytère
1753 (≈ 1753)
Par Jacques-Henri d'Osber, date gravée sur linteau.
1778
Agrandissement des fenêtres
Agrandissement des fenêtres
1778 (≈ 1778)
Date inscrite près d'une fenêtre sud.
1794
Vente du presbytère
Vente du presbytère
1794 (≈ 1794)
Adjugé à Le Choisel pour 100 livres.
1807
Perte de l'autonomie paroissiale
Perte de l'autonomie paroissiale
1807 (≈ 1807)
Rattachée à Vrasville après le Concordat.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Guillaume de Beaumont - Donateur |
Cède l'église à Montebourg en 1163. |
| Henri II - Duc de Normandie et roi d'Angleterre |
Ratifie la donation de 1163. |
| Jacques-Henri d'Osber - Curé et bâtisseur |
Construit le presbytère en 1753. |
| Jean-François Le Choisel - Curé constitutionnel |
Achat du presbytère en 1794 après serment. |
| Bon Delacour - Sacristain |
Sauve des objets liturgiques en 1793. |
Origine et histoire
L'église Saint-Blaise d'Angoville-en-Saire, située dans l'ancienne commune d'Angoville-en-Saire (aujourd'hui intégrée à Vicq-sur-Mer, Manche), est mentionnée pour la première fois en 1163 dans un acte de donation de Guillaume de Beaumont à l'abbaye de Montebourg. Ce document, ratifié par Henri II, duc de Normandie et roi d'Angleterre, atteste de son ancienneté et de son lien avec les institutions monastiques locales. Bien que sous le patronage des abbés de Montebourg, les dîmes revenaient majoritairement au curé, illustrant les tensions économiques entre clergé régulier et séculier.
Au XVIIIe siècle, l'édifice montre des signes de dégradation : en 1750, la charpente, le lambris et la couverture de la nef sont en mauvais état, nécessitant des réparations achevées avant 1764, date à laquelle une visite archidiaconale constate son bon état. En 1753, le presbytère est reconstruit par Jacques-Henri d'Osber, comme en témoigne la date gravée sur un linteau. La Révolution marque un tournant : le curé Jean-François Le Choisel prête le serment constitutionnel, tandis que les biens de l'église (presbytère, terres, objets liturgiques) sont vendus. Des habitants, dont le sacristain Bon Delacour, sauvent une partie du mobilier (vases sacrés, statue de la Vierge, tabernacle) avant le pillage par des révolutionnaires de Saint-Pierre-Église.
En 1794, le presbytère est adjugé à Le Choisel (désormais laïc) pour 100 livres, avec une partie réservée à l'instituteur et à la municipalité. L'église, restée propriété communale, perd son autonomie paroissiale en 1807 au profit de Vrasville, mais les habitants continuent d'y assurer culte et inhumations. Le cimetière, toujours attitré à l'édifice, entoure une église dépourvue de tour, dotée d'un campanile à une cloche et d'une nef accessible par une porte latérale sud, marquée par des traces d'agrandissements (fenêtres élargies en 1778).
L'intérieur révèle une arcade ogivale séparant la nef du chœur, où subsistent deux statues érodées (sainte Barbe et un saint non identifié). Le chœur, éclairé par quatre fenêtres, abrite une niche pré-tabernacle (XVIe siècle) et une piscine liturgique. Le mobilier inclut un maître-autel et un retable du XVIIIe siècle, représentant l'Annonciation et abritant une statue de saint Blaise, second patron. Une plaque funéraire en granit (1819) et un cadran solaire rappellent les usages passés de l'édifice, entre culte, mémoire et mesure du temps.
L'histoire de l'église reflète les bouleversements religieux et politiques de la Normandie, depuis son rattachement à l'abbaye de Montebourg jusqu'à sa survie post-révolutionnaire, portée par l'attachement des Angovilais. Son architecture modeste, marquée par des réemplois et des réparations, témoigne d'une communauté rurale préservant son patrimoine malgré les aléas historiques.