Frise chronologique
1156
Pillage par Raoul de Charenton
Pillage par Raoul de Charenton
1156 (≈ 1156)
Endommagement de l’église primitive.
Début XIIe siècle
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
Début XIIe siècle (≈ 1204)
Dépendance de l’abbaye de Déols attestée.
2e moitié XIIe siècle
Reconstruction romane
Reconstruction romane
2e moitié XIIe siècle (≈ 1250)
Conservation partielle des murs latéraux.
XVe siècle
Ajout des arcs-boutants sud
Ajout des arcs-boutants sud
XVe siècle (≈ 1550)
Renforcement de la structure.
1735
Arcs-boutants nord
Arcs-boutants nord
1735 (≈ 1735)
Stabilisation définitive de la nef.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Protection parmi les premiers en France.
1897
Transfert des reliques de saint Sylvain
Transfert des reliques de saint Sylvain
1897 (≈ 1897)
Installation dans le transept nord.
1898
Restauration par Georges Darcy
Restauration par Georges Darcy
1898 (≈ 1898)
Voûte en briques et arcs-boutants refaits.
1913
Classement du tombeau de saint Sylvain
Classement du tombeau de saint Sylvain
1913 (≈ 1913)
Protection au titre objet.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. B 716) : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Raoul de Charenton - Seigneur local |
Pilleur du bourg en 1156. |
| Saint Blaise - Patron de l’église |
Évêque arménien, protecteur des carriers. |
| Saint Sylvain - Apôtre du Berry |
Reliques transférées en 1897. |
| Georges Honoré Darcy - Architecte des Monuments Historiques |
Restaure la voûte en 1898. |
| Isabeau de Boulogne - Dame d’Orval |
Dépôt des reliques en 1463. |
| Gabriel Morlet - Curé de La Celle (1753–1830) |
Bienfaiteur de l’église. |
Origine et histoire
L’église Saint-Blaise de La Celle, située dans le département du Cher (région Centre-Val de Loire), est un édifice religieux d’origine romane, attestée dès le début du XIIe siècle comme prieuré dépendant de l’abbaye de Déols. Endommagée en 1156 lors du pillage du bourg par Raoul de Charenton, elle est reconstruite dans la seconde moitié du XIIe siècle, en conservant partiellement les murs latéraux de la nef primitive. Ses irrégularités architecturales (fenêtres désaxées, oculi) suggèrent une couverture initiale en charpente. L’église abrite un ensemble remarquable de chapiteaux sculptés et des fresques médiévales, dont un ex-voto lié aux exactions de Charenton et une représentation de saint Christophe.
Au XVe siècle, des arcs-boutants sont ajoutés côté sud pour stabiliser la structure, suivis en 1735 par des renforcements côté nord. En 1898, l’architecte Georges Honoré Darcy reconstruit la voûte en berceau de la nef, remplacée par des briques creuses pour alléger la pression sur les murs, tout en restaurant les arcs-boutants sud. Le clocher, carré et doté de baies géminées, abrite quatre cloches, dont la Sylvaine (XIVe siècle). L’église est classée Monument Historique dès 1840, témoignant de son importance patrimoniale.
L’édifice est dédié à saint Blaise, patron des carriers, en lien avec les carrières locales exploitées depuis l’époque romaine, qui fournirent des pierres pour la cathédrale de Bourges et l’abbaye de Noirlac. Elle abrite aussi le tombeau de saint Sylvain (XIIe siècle), apôtre du Berry, transféré en 1897 depuis la chapelle Saint-Sylvain voisine. Ce mausolée, classé en 1913, est orné de scènes sculptées évoquant la vie du saint. Une fresque de Notre-Dame de Pitié et des pierres tombales gallo-romaines en remploi complètent ce patrimoine.
Le mobilier inclut des statues de sainte Claire d’Assise, saint Clair (martyr), et des tableaux comme une Cène provenant de l’abbaye de Noirlac. Une association locale, créée en 1988, participe activement à la restauration (toiture en 1997, vitraux en 2011). L’architecture mêle influences romane (chevet bénédictin, coupole octogonale) et gothique (arcs-boutants), tandis que la façade, sobre, présente des bas-reliefs énigmatiques de lutteurs, peut-être liés à un sacrement.
Les carrières de La Celle, attestées depuis l’Antiquité, jouèrent un rôle clé dans la construction régionale. Leur pierre, réputée, servit aussi à l’édification de l’église souterraine de Bourges et de l’abbaye cistercienne de Noirlac. Le culte de saint Blaise, médecin arménien du IVe siècle, se diffusa en Occident au Moyen Âge, faisant de cette église un lieu de dévotion pour les tailleurs de pierre et carriers, corporations majeures dans la région.