Origine et histoire de l'Église Saint-Blaise
L'église paroissiale, située au centre-bourg de Sainte-Maure-de-Touraine dans le département d'Indre-et-Loire, repose sur une crypte ancienne et présente un chœur du XIIIe siècle couvert de voûtes angevines. Un premier sanctuaire aurait été édifié au VIe siècle et consacré par Euphronius, l'un des premiers évêques de Tours. À la fin du XIIe siècle, l'édifice primitif fut remplacé par une nouvelle église organisée en deux parties distinctes, séparées par un faux transept et surmontées d'un clocher central appuyé sur quatre piliers massifs, renforcés au XVe siècle. La partie orientale, plus élevée, comprenait le sanctuaire, le chœur et deux nefs latérales ; la partie occidentale, située un mètre en contrebas, comportait une grande nef du XIIe siècle qui n'était pas voûtée. Des traces sur les murs et les piliers laissent penser que cette nef occidentale avait été conçue pour être voûtée ; l'effondrement de la voûte, malgré l'ajout de contreforts, conduisit à son remplacement par un plafond sous la charpente. Au XIXe siècle, l'état de ruine et la nécessité d'agrandir l'édifice amenèrent l'architecte Gustave Guérin à proposer une reconstruction. Un projet de 1860 prévoyait de remplacer la nef romane par une salle à trois nefs de trois travées et d'intégrer un nouveau clocher en avant-corps, avec des nefs latérales plus basses et des toitures en décrochement. Finalement, la nef romane fut démolie et, en 1865, les trois nouvelles nefs furent raccordées aux trois nefs de la partie gothique, tandis que les murs gothiques conservèrent des décalages et des déviations. La phase suivante remit en grande partie la salle gothique en état : les quatre piliers du clocher furent entièrement repris pour obtenir une église-halle unifiée, la surface intérieure du mur nord fut rectifiée et de grandes baies à trois lancettes percées dans la travée de jonction. Il ne subsiste de l'église du XIIe siècle que la partie orientale, avec son abside centrale et ses absidioles intégrées dans l'épaisseur du chevet ; ce type de chevet, où l'abside centrale forme saillie alors que les absidioles sont incluses dans le mur, s'inspire du chœur de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers et évoque également le chevet de l'église Sainte-Radegonde de Poitiers. La crypte, redécouverte à la fin du XIXe siècle lors des travaux, comprend trois nefs voûtées en plein cintre communiquant par des ouvertures en tiers-point ; la nef centrale, qui pourrait dater du Xe ou du XIe siècle, se termine à l'est par une abside à cinq pans voûtée au XIVe siècle. Dix arcatures semblables décorent la nef et reposent sur des colonnes trapues aux chapiteaux sculptés, parfois inachevés ou abîmés ; les deux dernières arcatures, appuyées sur des amorces de plan circulaire, indiqueraient l'emplacement d'une abside détruite et remplacée lors de l'agrandissement du XIIe siècle qui a donné l'abside actuelle et les nefs latérales. Sans communication avec l'église supérieure, la crypte servit jusqu'au XIXe siècle de caveau pour les seigneurs de Sainte-Maure ; elle est aujourd'hui reliée à l'église par un double escalier intérieur et abrite un dépôt lapidaire. La crypte est classée monument historique depuis 1926.