Origine et histoire de l'Église Saint-Blaise
L’église Saint-Blaise de Sarrewerden trouve ses origines dans une chapelle mentionnée dès 1342, détruite puis reconstruite près du château vers 1348. Ce premier édifice servait de chapelle castrale pour les comtes de Sarrewerden, tout en accueillant les fidèles du village en semaine, ceux-ci devant se rendre à l’église paroissiale pour les offices dominicaux et les sacrements. La chapelle, située à l’entrée du château face au pont sur la Sarre, marquait déjà l’importance religieuse et seigneuriale du site.
Dans les années 1470, le comte Nicolas de Moers-Sarrewerden entreprend la construction d’une église destinée à abriter un chapitre de chanoines réguliers de l’Ordre de Saint-Augustin. Malgré des difficultés financières l’obligeant à contracter des emprunts, les travaux débutent avant 1482. Dès 1488, des rentes sont versées à des chanoines, suggérant que le chapitre était déjà opérationnel. Le chœur, de style gothique tardif, est achevé vers 1480, tandis que la nef, de plan trapézoïdal, est construite dans la première moitié du XVIe siècle. L’église devient alors une collégiale indépendante, siège d’un chapitre de sept chanoines.
Le chœur, classé monument historique en 1900, se distingue par sa voûte en étoile ornée de clés sculptées (roses, écus, lys) et de contreforts extérieurs. La nef, inscrite en 1934, présente une façade occidentale oblique avec des corbeaux énigmatiques, peut-être supports d’un auvent ou d’une galerie seigneuriale. Une sacristie est ajoutée en 1725 par les Jésuites. Après la Réforme, l’influence du chapitre décline, et l’église devient paroissiale sous le vocable Saint-Barthélemy en 1804.
Architecturalement, l’église allie des matériaux locaux (moellons enduits, grès pour les chaînages) et des éléments défensifs, comme une tourelle d’escalier munie d’archères. Le décor intérieur, notamment les peintures des voûtains et les blasons, reflète le mécénat des comtes de Sarrewerden. Le plan sans transept et la différence de hauteur entre le chœur et la nef soulignent la dualité entre espace seigneurial et espace paroissial.
Les sources historiques, notamment les travaux de Jean-Louis Wilbert, précisent que la construction s’échelonne entre 1475 et 1500, avec une nef ajoutée plus tardivement. Les protections au titre des monuments historiques (1900 pour le chœur, 1934 pour la nef) témoignent de sa valeur patrimoniale. Aujourd’hui propriété communale, l’église reste un exemple remarquable de l’architecture religieuse alsacienne de la transition entre Moyen Âge et Renaissance.