Crédit photo : © Ralph Hammann - Wikimedia Commons - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1115
Fondation du couvent
Fondation du couvent
1115 (≈ 1115)
Création par le prieur Richwin (abbaye de Marmoutier)
1137
Consécration initiale
Consécration initiale
1137 (≈ 1137)
Par le légat pontifical Théodewin
1332
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
1332 (≈ 1332)
Chœur et abside voûtés d’ogives
1488
Dissolution du couvent
Dissolution du couvent
1488 (≈ 1488)
Intégration à l’abbaye de Marmoutier
1525
Destructions (guerre des Paysans)
Destructions (guerre des Paysans)
1525 (≈ 1525)
Nef endommagée, reconstruite vers 1580
1580
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
1580 (≈ 1580)
Par l’abbé Gisbert Agricola
1586
Érection du cénotaphe
Érection du cénotaphe
1586 (≈ 1586)
Hommage posthume à Gisbert Agricola
1619
Ajout de la tribune
Ajout de la tribune
1619 (≈ 1619)
Date gravée sur l’ouvrage
1872
Restauration de la façade
Restauration de la façade
1872 (≈ 1872)
Date inscrite sur le pignon
1935
Protection MH (chœur et cénotaphe)
Protection MH (chœur et cénotaphe)
1935 (≈ 1935)
Inscription à l’inventaire
1968-1969
Restauration et découvertes
Restauration et découvertes
1968-1969 (≈ 1969)
Fresques et toiture remises en état
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Choeur de l'église et le monument funéraire de l'Abbé Girbert adossé au mur de la nef : inscription par arrêté du 25 avril 1935
Personnages clés
| Richwin - Prieur de Marmoutier |
Fonda le couvent en 1115 |
| Théodewin - Légat pontifical |
Consacra l’église en 1137 |
| Robert de Bavière - Évêque |
Dissout le couvent en 1488 |
| Gisbert Agricola - Abbé de Marmoutier (1573-1586) |
Reconstruit la nef et érigea son cénotaphe |
| Hugo Rathgens - Architecte-archéologue |
Dégagea des vestiges du couvent en 1913 |
| Émile Audiguier - Conservateur du musée de Saverne |
Signala l’état dégradé en 1872 |
| Roger Lehni - Historien |
Étudia les fresques en 1970 |
Origine et histoire
L’église Saint-Blaise de Sindelsberg, située à Marmoutier (Bas-Rhin), fut fondée au XIIe siècle comme chapelle du couvent bénédictin de Sindelsberg, dépendant de l’abbaye de Marmoutier. Consacrée en 1137, elle fut reconstruite au XIVe siècle (chœur et abside voûtés d’ogives) et à nouveau remaniée après les destructions de la guerre des Paysans (1525). La nef actuelle, plus courte que l’originale, date du 3e quart du XVIe siècle, sous l’impulsion de l’abbé Gisbert Agricola, qui y érigea aussi son cénotaphe en 1586.
Les fresques de l’abside, redécouvertes en 1969, datent de la fin du XVIe siècle et s’inspirent de modèles flamands, comme la Pietà de Michel-Ange. Elles représentent un Trône de grâce, des anges portant les Arma Christi, et des saints (dont probablement saint Benoît). Le monument fut partiellement protégé dès 1935 (chœur et cénotaphe), puis restauré à partir de 1968, révélant aussi des traces du couvent disparu, fondé en 1115 et dissous en 1488.
L’église, dédiée à saint Blaise, abritait un pèlerinage annuel le 3 février, incluant la bénédiction des gorges (Blasiusegen). Ce culte persista après la suppression du couvent, lié à la conservation de reliques à Marmoutier. La façade fut restaurée en 1872, et la sacristie ajoutée à la fin du XIXe siècle. Aujourd’hui, le site conserve des éléments romans (portes murées), gothiques (voûtes) et Renaissance (tribune de 1619), témoignant de son histoire mouvementée.
Le mobilier, majoritairement du XVIIIe siècle, inclut des autels, une chaire, et des statues anciennes (Vierge à l’Enfant, Pietà). Le cénotaphe de Gisbert Agricola, en grès polychrome, orné des symboles des évangélistes et d’anges, célèbre son rôle dans la reconstruction. Des vestiges du couvent (base de colonne du XIIe siècle) furent mis au jour en 1913, confirmant l’étendue originale du site, bien plus vaste que l’église actuelle.
Les peintures murales, étudiées par Roger Lehni (1970), révèlent une influence nord-alpine, avec des décors architecturaux (colonnes cannelées, cuirs enroulés) et une iconographie rare en Alsace. Leur état de conservation inégal a nécessité des badigeons partiels, comme pour le tétramorphe du chœur, aujourd’hui recouvert. L’édifice, propriété communale, illustre les transitions stylistiques entre roman, gothique et Renaissance en Alsace, dans un contexte marqué par les conflits religieux et les reconstructions successives.