Église Saint-Blaise de Sindelsberg à Marmoutier dans le Bas-Rhin

Patrimoine classé Patrimoine religieux Art gothique primitif Clocher en bâtière

Église Saint-Blaise de Sindelsberg

  • Sindelsberg
  • 67440 Marmoutier
Église Saint-Blaise de Sindelsberg
Église Saint-Blaise de Sindelsberg
Église Saint-Blaise de Sindelsberg
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Église Saint-Blaise de Sindelsberg
Église Saint-Blaise de Sindelsberg
Église Saint-Blaise de Sindelsberg
Crédit photo : © Ralph Hammann - Wikimedia Commons - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1115
Fondation du couvent
1137
Consécration initiale
XIVe siècle
Reconstruction et consécration
1488
Incorporation à Marmoutier
1525
Destruction du couvent
3e quart XVIe siècle
Reconstruction de la nef
1872
Restauration de la façade
Fin du XIXe siècle
Construction de la sacristie
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Choeur de l'église et le monument funéraire de l'Abbé Girbert adossé au mur de la nef : inscription par arrêté du 25 avril 1935

Personnages clés

Richwin Prieur fondateur du couvent de bénédictines en 1115.
Adelon Abbé de Marmoutier lors de la fondation du couvent.
Théodewin Légat pontifical ayant consacré le monastère en 1137.
Gisbert Agricola Abbé responsable de la reconstruction de la nef au XVIe siècle.
Hugo Rathgens Architecte ayant relevé des vestiges du bâtiment conventuel en 1913.

Origine et histoire de l'Église Saint-Blaise de Sindelsberg

L’église Saint‑Blaise de Sindelsberg, située sur la commune de Marmoutier dans le Bas‑Rhin, dépendait du couvent de bénédictines fondé en 1115 par le prieur Richwin de l'abbaye de Marmoutier et placé sous la règle de saint Benoît durant l’abbatiat d'Adelon. Selon une charte conservée, ce monastère fut consacré en 1137 par le légat pontifical Théodewin ; d’autres notices mentionnent une consécration liée à la reconstruction du XIVe siècle, vers 1332. Le couvent, placé sous la protection de l’abbaye, fut incorporé à Marmoutier en 1488 ; à partir de cette date l’église devint une filiale desservie par un chapelain, les religieuses étant réparties dans d’autres établissements. Une petite communauté se réinstalla au début du XVIe siècle, mais le couvent fut définitivement supprimé après les destructions liées à l’insurrection de 1525. La tour et le chœur reprennent des élévations du XIVe siècle ; la nef fut reconstruite à la fin du XVIe siècle par l’abbé Gisbert Agricola (mentionné vers 1580 et parfois daté de 1584) et la tribune occidentale porte la date 1619. La façade a été restaurée en 1872, et la sacristie accolée au mur sud du chœur date de la fin du XIXe siècle. Des vestiges partiels du bâtiment conventuel situés au sud de l’église ont été relevés en 1913 par Hugo Rathgens ; aujourd’hui ne subsistent qu’une base de colonne et une colonnette accolées au mur sud de la nef, probablement d’époque romane. Des traces de mur à l’ouest laissent supposer que l’édifice primitif était plus long que l’église actuelle.
Architecturalement, les parties orientales constituent les éléments les plus anciens conservés : chœur et abside pentagonale peu profonde, voûtés d’ogives et coiffés d’une tour de trois étages à toiture en bâtière, attribués aux travaux du XIVe siècle. Les murs latéraux de la nef pourraient remonter au XIIe siècle ; ils sont percés de portes latérales en plein cintre aujourd’hui murées, tandis que les fenêtres ont des aménagements datés du XVe siècle et ont perdu leurs meneaux et remplages. L’éclairage intérieur se répartit notamment en quatre fenêtres dans l’abside, deux dans la nef et deux lucarnes ; plusieurs ouvertures extérieures apparaissent désormais murées. Des peintures murales ornant les voûtains et l’abside ont été ajoutées à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, et d’autres fresques ont été révélées lors de campagnes de restauration menées à partir de 1968–1969.
Les décors peints du chœur présentent, sur la voûte, une représentation du tétramorphe autrefois recouverte par un badigeon, ainsi que, sur le demi‑pan nord de l’abside, la figure d’un saint abbé vêtu de vert, probablement saint Benoît ; le demi‑pan sud, très dégradé, pourrait avoir figuré saint Blaise ou sainte Scholastique. Les pans nord‑ouest et sud‑ouest montrent un décor architectural avec colonnes cannelées à chapiteaux d’inspiration corinthienne, et la face orientale porte une grande crucifixion surmontée, au centre du voûtain, d’une représentation de Dieu le Père tenant le corps du Christ, encadrée par des anges portant les arma christi. Ces voûtains constituent une variante du « Trône de grâce » apparentée à des formulations de la Pietà dans l’art flamand de la fin du XVIe siècle et présentent des rapprochements stylistiques avec un triptyque de la Hofkirche de Neumarkt.
Le mobilier est essentiellement daté du XVIIIe siècle — autels, chaire et tribune — mais quelques pièces plus anciennes subsistent, notamment le monument funéraire de l’abbé Gisbert Agricola, cenotaphe érigé après sa mort en 1586 et encastré dans le mur nord de la nef. Ce cénotaphe en grès bigarré jaune et gris comporte une niche en plein cintre aujourd’hui bouchée, encadrée par deux pilastres et surmontée d’un entablement coiffé d’une croix ; il portait des sculptures polychromes représentant les symboles des évangélistes, deux anges et une tête de lion, puis fut recouvert d’un badigeon rouge et blanc. Quelques statues, dont une Vierge à l’Enfant et une Pietà, semblent plus anciennes que le reste du mobilier.
Consacrée à saint Blaise depuis le Moyen Âge, l’église a conservé un pèlerinage annuel le 3 février, au cours duquel se déroulait le Blasiusegen ou bénédiction du cou ; ce culte perdurait au moins jusqu’à la fin des années 1960, tandis que des usages annexes, comme la bénédiction du pain et du sel, avaient disparu antérieurement.

Liens externes