Frise chronologique
4e quart XIIIe siècle (vers 1296)
Construction initiale
Construction initiale
4e quart XIIIe siècle (vers 1296) (≈ 1387)
Édification attribuée à Renaud IV de Pons.
2e quart XIVe siècle (vers 1355)
Agrandissement gothique
Agrandissement gothique
2e quart XIVe siècle (vers 1355) (≈ 1437)
Ajout du portail sud et modifications.
XVIIe siècle
Remaniement des baies
Remaniement des baies
XVIIe siècle (≈ 1750)
Rehaussement des élévations latérales.
1840
Travaux sur la toiture
Travaux sur la toiture
1840 (≈ 1840)
Intervention de Ferdinand de Coma.
9 juin 1925
Classement partiel
Classement partiel
9 juin 1925 (≈ 1925)
Inscription façade et portail sud.
2009-2014
Restauration extérieure
Restauration extérieure
2009-2014 (≈ 2012)
Projet soutenu par la Fondation du Patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade occidentale ; portail méridional : inscription par arrêté du 9 juin 1925
Personnages clés
| Renaud IV de Pons - Seigneur de Bergerac |
Commanditaire présumé du clocher-mur (fin XIIIe). |
| Jeanne de Lévis - Épouse de Renaud IV |
Associée à la construction du clocher. |
| Ferdinand de Coma - Architecte diocésain |
Responsable des travaux en 1840. |
| François Cabanié - Plâtrier-décorateur |
Auteur des décors peints (1889). |
Origine et histoire
L’église Saint-Blaise des Pujols, située dans le département de l’Ariège, est un monument emblématique du patrimoine religieux médiéval. Construite entre la fin du XIIIe siècle (vers 1296) et le XIVe siècle (vers 1355), elle allie des éléments gothiques comme sa nef unique et des contreforts, à des particularités défensives, dont un clocher-mur en peigne percé de quatre arcades pour les cloches. Son portail sud, orné de trois archivoltes ogivales en grès rouge, porte une inscription mentionnant Renaud IV de Pons (1296-1335), seigneur lié à la famille de Lévis, bien que son titre de « duc » semble anachronique. La façade ouest, couronnée d’un mâchicoulis et d’un oculus, ainsi que les traces d’anciens hourds en bois (disparus au XIXe siècle), témoignent de son passé fortifié.
L’intérieur de l’église, remanié aux XVIIe et XIXe siècles, conserve une crypte sous le chœur et des fausses voûtes d’ogives en brique. Les murs, construits en moellons de grès calcaire, sont renforcés par des contreforts en pierre de taille, suggérant un projet initial de voûte en pierre jamais achevé. Le portail nord muré, aux dispositions typiques du XIIIe siècle, et le portail sud (XIVe siècle), potentiellement issu d’une église disparue, illustrent les campagnes de construction successives. La sacristie polygonale, ajoutée au XIXe siècle, complète l’édifice, dont les vitraux du chœur (1876-1881) et les décors peints (1889) reflètent les restaurations tardives. L’église, partiellement classée Monument Historique en 1925 (façade et portail sud), a bénéficié de restaurations extérieures entre 2009 et 2014.
L’histoire de l’église est marquée par des attributions contradictoires, comme le souligne Christine Belcikowski. Initialement dédiée à Saint-Pierre (mentionnée en 1551), elle prend ensuite le vocable de Saint-Blaise. Son clocher-mur, attribué à Renaud IV de Pons et Jeanne de Lévis, confirme son existence avant 1355, tandis que les baies en brique des élévations latérales et leur rehaussement datent probablement du XVIIe siècle. Les travaux du XIXe siècle, menés par l’architecte diocésain Ferdinand de Coma (1840) et le plâtrier François Cabanié (1889), ont profondément transformé son intérieur, avec l’ajout de décors peints et de verrières. L’horloge, acquise en 1926, clôture les aménagements modernes.
La valorisation du patrimoine récente (2009-2014) a impliqué l’Association Les Pujols au temps d’antan et la Fondation du Patrimoine, soulignant l’attachement local à ce monument. Les quatre cloches, protégées au titre des objets mobiliers (base Palissy), et les éléments défensifs résiduels rappellent son double rôle religieux et stratégique dans un village médiéval ariégeois. Aujourd’hui propriété communale, l’église reste un témoignage des évolutions architecturales et culturelles de la région, entre gothique méridional, fortifications et restaurations modernes.