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Eglise Saint-Bonaventure dans le Rhône

Eglise Saint-Bonaventure

    11 Rue Bourgelat
    69002 Lyon
Propriété de la commune
Eglise Saint-Bonaventure
Eglise Saint-Bonaventure
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Eglise Saint-Bonaventure
Eglise Saint-Bonaventure
Eglise Saint-Bonaventure
Crédit photo : Bautsch (talk) 18:59, 2 August 2008 (UTC) - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1226
Fondation du couvent franciscain
1274
Mort du cardinal Bonaventure
1325
Début de la construction actuelle
1328
Consécration de l'église
1450–1480
Achèvement de l'édifice
1562
Pillage par les protestants
1793
Vente comme bien national
1806
Retour au culte catholique
1860
Rénovation de la façade
1927
Classement Monument historique
1944
Destruction partielle des vitraux
1971
Devenue sanctuaire urbain
2019
Élevation en basilique mineure
2023
Restauration de l'orgue et de la façade
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise Saint-Martin-d'Ainay : classement par liste de 1840

Personnages clés

Bonaventure de Bagnoregio - Cardinal et théologien franciscain Décédé en 1274 lors du concile.
Jacques de Grolée - Petit-fils du sénéchal, bienfaiteur Finança la construction vers 1325.
Jean de Pavie - Médecin des rois Charles VII et Louis XI Permit l'achèvement de l'église (1450–1480).
Claude-Anthelme Benoit - Architecte lyonnais Remania la façade en 1860.
Joseph-Hugues Fabisch - Sculpteur Auteur de la statue de la Vierge (1860).
Louis Charrat - Peintre-verrier lyonnais Créa les vitraux contemporains (1945–1965).
François de Beaumont (baron des Adrets) - Chef protestant Pilla l'église en 1562.
Claude-Marius Vaïsse - Préfet du Rhône Réaménagea la Presqu'île au XIXe siècle.
Gabriel Marghieri - Organiste titulaire actuel Professeur au CNSMD de Lyon.
Frédéric Ozanam - Bienfaiteur indirect Ami de l'abbé Marduel (retable 1852).

Origine et histoire

La basilique Saint-Bonaventure de Lyon, située dans le quartier des Cordeliers sur la Presqu'île, est le seul édifice médiéval subsistant dans le nord du 2e arrondissement après les percées haussmanniennes du Second Empire. Son histoire est liée au couvent des Franciscains, installés sur ce site dès 1226 grâce à un legs du sénéchal de Grolée. Ces moines, surnommés « cordeliers » en raison de leur ceinture de corde, donnèrent leur nom au quartier. L’église actuelle, construite à partir de 1325 sous l’impulsion de Jacques de Grolée, remplace une première chapelle conventuelle trop exiguë. Elle abrite les reliques du cardinal Bonaventure de Bagnoregio, décédé lors du concile de Lyon en 1274 et enterré sur place.

L’édifice, orienté exceptionnellement vers le sud contrairement aux églises gothiques traditionnelles, est consacré en 1328 mais reste inachevé jusqu’aux années 1450–1480, grâce au financement de Jean de Pavie, médecin des rois Charles VII et Louis XI. Placée sous le vocable de saint Bonaventure après sa canonisation, l’église subit les vicissitudes de l’histoire : pillages pendant les guerres de Religion (1562), transformation en écurie pendant la Révolution, puis restauration progressive au XIXe siècle. Son architecture sobre, marquée par l’idéal de pauvreté franciscain, contraste avec la richesse des dix-sept chapelles latérales, construites entre les XVe et XVIe siècles par les confréries de métiers lyonnaises.

La façade, initialement dépouillée, est entièrement remaniée en 1860 par Claude-Anthelme Benoit, qui lui ajoute des roses, des pinacles et des statues pour équilibrer ses proportions. L’église, classée basilique mineure en 2019, abrite un orgue remarquable restauré en 2023, ainsi que des vitraux contemporains signés Louis Charrat (1945–1965), remplaçant ceux détruits lors de l’explosion du pont Lafayette en 1944. Ses chapelles, dédiées à des saints patrons de corporations (tailleurs, peintres, bateliers), illustrent le rôle social et spirituel des confréries médiévales.

Parmi les chapelles notables, celle de Saint-Joseph, ornée de sculptures de Jean-André Delorme et Vincent Fontan, fusionne trois espaces originels. La chapelle Saint-Antoine-de-Padoue conserve un retable néo-gothique et une statue de Fontan (1896), tandis que la chapelle des Tondeurs de draps se distingue par son arc en plein cintre et son retable Renaissance. Les vitraux, alliant styles médiéval (Émile Thibaud, XIXe siècle) et moderne (Louis Charrat, XXe siècle), racontent l’histoire de la basilique, de saint Bonaventure et des évangiles. L’édifice, propriété de la ville depuis 1905, reste un sanctuaire urbain actif, témoin de huit siècles d’histoire lyonnaise.

L’architecture intérieure repose sur un plan basilical classique, avec une nef centrale voûtée à 17,50 mètres, flanquée de collatéraux à 10,50 mètres. Les colonnes octogonales, sans chapiteaux, soutiennent des voûtes d’ogives aux dimensions rigoureusement égales, reflétant une esthétique fonctionnelle. La lumière, filtrée par les baies sud et les vitraux contemporains, anime l’espace selon les heures. Les confréries, comme celles des peintres (chapelle Saint-Luc) ou des marchands de Troyes (chapelle du Sacré-Cœur), y ont laissé leurs armoiries et retables, symboles de leur piété et de leur prospérité.

L’orgue, installé en 1845 par Joseph Callinet et restauré à plusieurs reprises (notamment en 1936 et 2023), compte aujourd’hui 68 jeux. Sa tribune, initialement placée au fond de la nef, fut déplacée dans le chœur au XIXe siècle. Les restaurations successives, dont la dernière par Michel Jurine, ont modernisé sa mécanique tout en préservant son esthétique de 1936. La basilique, inscrite aux Monuments historiques en 1927, a également bénéficié d’un ravalement de sa façade en 2022–2023, financé par la ville de Lyon et le diocèse.

Liens externes