Frise chronologique
1487
Grand incendie de Bourges
Grand incendie de Bourges
1487 (≈ 1487)
Destruction partielle de l'église originale.
1516
Début de la reconstruction
Début de la reconstruction
1516 (≈ 1516)
Dirigée par François Laboureau et Guillaume Pelvoysin.
1539
Consécration de l'église
Consécration de l'église
1539 (≈ 1539)
Par l'évêque Pierre Ravelly, sans clocher.
1631
Destruction de la façade
Destruction de la façade
1631 (≈ 1631)
Par une tornade, reconstruite style néo-grec.
1806
Effondrement du clocher
Effondrement du clocher
1806 (≈ 1806)
Démoli pour raisons de sécurité.
1910
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1910 (≈ 1910)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Bonnet (cad. HX 2) : classement par arrêté du 10 juin 1910
Personnages clés
| Guillaume Pelvoysin - Architecte |
Auteur des plans de reconstruction (1516). |
| François Laboureau - Maître maçon |
Dirigea les travaux de reconstruction. |
| Jean Lecuyer - Maître verrier |
Réalisateur des vitraux (XVIe siècle). |
| Pierre Ravelly - Évêque d'Hébron |
Consacra l'église en 1539. |
| Jean Boucher - Peintre et donateur |
Finança une chapelle, inhumé en 1632. |
| Laurence Fauconnier - Donatrice |
Finança la chapelle Saint-Claude (1544). |
Origine et histoire
L'église Saint-Bonnet de Bourges, initialement construite au XIIIe siècle par les religieuses de l'Abbaye Saint-Laurent, fut partiellement détruite lors du Grand incendie de Bourges en juillet 1487. Cet incendie, dit de la Madeleine, ravagea une grande partie de la ville, nécessitant une reconstruction majeure de l'édifice. La reconstruction débuta en 1516 sous la direction du maître maçon François Laboureau, suivant les plans de l'architecte Guillaume Pelvoysin. Cependant, les moyens financiers limités retardèrent son achèvement, et l'église ne fut consacrée qu'en 1539 par l'évêque d'Hébron, Pierre Ravelly, sans son clocher initial mais avec des vitraux réalisés par Jean Lecuyer.
La construction des chapelles latérales fut rendue possible grâce à la générosité de particuliers et de familles locales. Entre 1532 et 1551, sept chapelles furent érigées, chacune dédiée à un saint différent et financée par des donateurs tels que Jean Chaumeau, Jean Ragueau, Laurence Fauconnier, ou encore la famille Lallemant. Ces chapelles abritent des vitraux anciens, dont certains, comme ceux de la baie 2 (Vie de saint Claude, 1544) ou de la baie 4 (Vie de saint Jean l'Évangéliste, vers 1533), sont des œuvres majeures de Jean Lecuyer, offertes par les familles Fauconnier et Chaumeau.
L'église subit plusieurs destructions partielles au fil des siècles. En 1631, une tornade détruisit sa façade, reconstruite ensuite dans un style néo-grec. En 1806, le clocher s'effondra et fut démoli pour des raisons de sécurité, remplacé par une tour en bois abattue en 1898. Lors de cette dernière démolition, les deux dernières travées de la nef et trois chapelles (Aignan Rousseau, des Trépassés et Saint-François) furent également supprimées. Les travaux de restauration ne s'achevèrent qu'en 1913, après plus d'un siècle d'interventions. L'édifice fut finalement classé au titre des monuments historiques en 1910.
Les vitraux de l'église Saint-Bonnet constituent un patrimoine artistique exceptionnel. Six chapelles latérales conservent des vitraux datant du XVIe siècle, réalisés principalement par Jean Lecuyer. Parmi eux, la baie 5 rassemble des vitraux de l'ancienne église, remontés et complétés vers 1550 par la famille Lallemant, tandis que la baie 6 (vers 1533) représente saint Denis, saint Jean-Baptiste et saint Antoine, offerte par Jeanne Ragueau. Un vitrail plus récent, dédié à Jeanne d'Arc (1934), a été ajouté par Paul Louzier. Ces œuvres illustrent à la fois la dévotion locale et le mécénat des familles bourgeoises de Bourges.
L'église est également liée à des figures locales, comme le peintre Jean Boucher, inhumé dans l'édifice en 1632 après avoir contribué à son embellissement. La chapelle Saint-François, construite en 1740 par François Cousin, et la première chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste (1628), également financée par Jean Boucher, témoignent de l'engagement continu des habitants et artistes dans la préservation et l'enrichissement du monument. Aujourd'hui, l'église Saint-Bonnet reste un exemple remarquable de l'architecture religieuse de la Renaissance en Berry, mêlant héritage médiéval et innovations artistiques.