Frise chronologique
XIe siècle
Martyre de saint Calixte
Martyre de saint Calixte
XIe siècle (≈ 1150)
Légende fondatrice du lieu de culte.
XIIe siècle
Construction romane
Construction romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Nef, abside et peintures murales originales.
XVIe siècle
Agrandissement et décors
Agrandissement et décors
XVIe siècle (≈ 1650)
Chapelle nord et peintures de Rodiguis.
1720
Décoration du plafond
Décoration du plafond
1720 (≈ 1720)
Solives peintes dans la nef.
26 mai 1944
Classement MH
Classement MH
26 mai 1944 (≈ 1944)
Protection de l’édifice et du cimetière.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Calixte et son cimetière : classement par arrêté du 26 mai 1944
Personnages clés
| Saint Calixte - Martyr et saint local |
Légende liée à la fondation. |
| Melchior Rodiguis - Peintre du XVIe siècle |
Auteur des décors de la chapelle. |
| Évêque Brisay de Denonville - Authenticateur des reliques |
Visite pastorale en 1710. |
Origine et histoire
L'église Saint-Calixte de Cazaux-Fréchet-Anéran-Camors, située dans les Hautes-Pyrénées, trouve son origine dans une légende médiévale. Selon la tradition, elle aurait été édifiée au XIe siècle sur le lieu du martyre de saint Calixte, chevalier aragonais de Huesca tué par les Sarrasins pour avoir refusé de renier sa foi. Ce saint, distinct du pape Calixte, combattit aux côtés du roi Sanche le Grand contre les Maures avant d’être massacré au-dessus du village. Ses reliques, conservées dans l’église jusqu’au XVIIIe siècle, furent authentifiées en 1710 par l’évêque Brisay de Denonville, conférant à l’édifice un statut religieux particulier.
L’architecture de l’église reflète plusieurs époques. Le gros œuvre, de style roman (XIIe siècle), comprend une nef unique prolongée par une abside semi-circulaire et un clocher-mur à quatre baies. L’abside, voûtée en cul-de-four, conserve une peinture murale du XIIe siècle représentant le Christ en Gloire, tandis que des arcatures lombardes ornent l’extérieur du chœur. Au XVIe siècle, une chapelle nord fut ajoutée, décorée de peintures par Melchior Rodiguis, et la nef reçut un plafond à solives apparentes, lui-même embelli vers 1720. Le retable du maître-autel, en bois peint et doré, date du XVIIIe siècle.
Classée monument historique le 26 mai 1944, l’église illustre l’évolution des styles architecturaux et artistiques dans les Pyrénées. Son décor intérieur, exceptionnel pour une église de montagne, s’explique par son lien avec le culte de saint Calixte. Le porche méridional donne accès à la fois à l’édifice et au cimetière attenant, soulignant son rôle central dans la vie communautaire. Les peintures murales du XVIe siècle, représentant les symboles des apôtres, et les fresques romanes témoignent de son riche patrimoine iconographique.
L’église servit de cure matrice pour les paroisses voisines d’Estarvielle et de Mont, renforçant son importance religieuse et administrative. Son appareil en pierre de petit module, typique des constructions romanes locales, contraste avec les ajouts postérieurs comme la chapelle nord ou le plafond de la nef. Malgré des modifications (badigeonnage dissimulant d’anciennes peintures), l’édifice conserve des éléments médiévaux remarquables, dont une baie jumelée romane sur la façade ouest. Aujourd’hui propriété communale, elle reste un témoignage majeur de l’art sacré pyrénéen.