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Église Saint-Caprais d'Auger-Saint-Vincent dans l'Oise

Oise

Église Saint-Caprais d'Auger-Saint-Vincent

    12 Rue Sainte-Marie
    60800 Auger-Saint-Vincent

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1100
1200
1300
1600
1700
2000
vers 930/940
Fondation de la cure
1150/1160
Agrandissement du chœur
début XIIe siècle
Construction romane initiale
milieu XIIe siècle
Construction du clocher
fin XVe - milieu XVIe siècle
Derniers agrandissements
2012-2013
Début des restaurations
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Raoul II de Vexin - Comte de Valois (926-943) Donateur de la seigneurie à Saint-Arnoul de Crépy.
Jean Didier - Curé (milieu XVIIIe siècle) Commanditaire d’images gravées de saint Caprais.
Eugène Müller - Historien local (XIXe siècle) Auteur d’une description détaillée de l’église.

Origine et histoire

L’église Saint-Caprais-et-Saint-Vincent, située à Auger-Saint-Vincent (Oise, Hauts-de-France), trouve ses origines au moins vers 930/940, lorsque Raoul II de Vexin offre le patronage de la cure au prieuré Saint-Arnoul de Crépy-en-Valois. Une première église romane, construite au début du XIIe siècle, voit sa nef et son chœur partiellement conservés dans l’édifice actuel. Entre le milieu du XIIe et le XVIe siècle, six campagnes d’agrandissement transforment l’église, mêlant styles roman, gothique primitif, rayonnant, flamboyant et Renaissance, sans rupture stylistique majeure grâce à la proximité des périodes de construction.

Le clocher, érigé vers le milieu du XIIe siècle, domine l’édifice avec sa flèche de pierre élégante. À l’intérieur, les voûtes d’ogives du chœur (vers 1150/1160), très bombées et archaïques, ainsi que des peintures murales, comptent parmi les éléments les plus remarquables. L’église, bien que non classée aux monuments historiques, fait l’objet depuis 2012 d’un plan de restauration pluriannuel en cinq phases, la première achevée en 2013. Elle dépend aujourd’hui de la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois, où les messes y sont célébrées irrégulièrement.

L’édifice actuel, d’une complexité architecturale déconcertante, résulte d’adjonctions successives : une chapelle gothique primitive au sud du chœur (fin XIIe), un bas-côté sud (début XIIIe), des remaniements du chevet (XIIIe, XVe et XVIe siècles), et une chapelle Renaissance (milieu XVIe). Malgré des restaurations parfois maladroites (XVIIIe-XIXe siècles) ayant altéré des détails sculptés, l’église conserve des caractéristiques uniques, comme son unicité spatiale intérieure obtenue au détriment de l’uniformité architecturale. Son mobilier inclut quatre éléments classés, dont une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle et un Christ aux liens du XVIe.

La façade occidentale, décrite comme « grave et noble » par Eugène Müller, présente un portail roman remanié et une fenêtre gothique. Le clocher, implanté au nord du chœur – une position rare –, arbore des baies géminées et une flèche octogonale flanquée de pyramidons. Les élévations sud, marquées par deux chapelles aux pignons harmonisés, illustrent la cohésion stylistique malgré leurs époques distinctes. À l’intérieur, le dais peint des fonts baptismaux (XVIe siècle) et les symboles du Tétramorphe sur les voûtains du chœur témoignent d’un riche décor, partiellement préservé.

L’histoire de la paroisse, liée au diocèse de Senlis jusqu’en 1801 puis à celui de Beauvais, révèle son ancrage dans le Valois médiéval. Raoul II de Vexin, comte de Valois, en est le fondateur connu. Une confrérie de Saint-Caprais, active au XVIIIe siècle, distribuait des images gravées du saint. Aujourd’hui, l’église, bien que désaffectée comme siège paroissial indépendant depuis les années 1990, reste un lieu de culte occasionnel et un patrimoine local en cours de valorisation, porté par des associations et la municipalité.

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