Frise chronologique
Ve-VIe siècles
Fondations paléochrétiennes
Fondations paléochrétiennes
Ve-VIe siècles (≈ 650)
Première église sur le site actuel.
XIe siècle
Premier édifice roman
Premier édifice roman
XIe siècle (≈ 1150)
Construction initiale avant l’église actuelle.
XIIe siècle (milieu)
Reconstruction romane
Reconstruction romane
XIIe siècle (milieu) (≈ 1250)
Abside et façade ouest encore visibles.
XVe siècle
Surélévation de l’abside
Surélévation de l’abside
XVe siècle (≈ 1550)
Renforcement de la structure médiévale.
1815-1825
Démolition église Saint-Jean
Démolition église Saint-Jean
1815-1825 (≈ 1820)
Cloche transférée à Saint-Caprais.
XVIIIe siècle
Construction du clocher
Construction du clocher
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Ajout du clocher mur actuel.
1925
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1925 (≈ 1925)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 24 décembre 1925
Personnages clés
| Abraham - Figure biblique |
Représenté sur un chapiteau (Sacrifice d’Isaac). |
| Sammaël - Démon talmudique |
Figuré tentant d’empêcher le sacrifice. |
| Artisans anonymes (XIIe siècle) - Sculpteurs romans |
Auteurs des chapiteaux et modillons. |
Origine et histoire
L’église Saint-Caprais de Saint-Caprais-de-Bordeaux, située dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine, trouve ses origines au XIe siècle, avec un premier édifice bâti sur les fondations d’une église paléochrétienne des Ve-VIe siècles. L’église actuelle, reconstruite au XIIe siècle, conserve aujourd’hui son abside voûtée en cul-de-four et la façade occidentale, éléments caractéristiques de l’architecture romane. L’abside fut surélevée au XVe siècle, tandis que la nef fut consolidée pour renforcer la structure. Le clocher, quant à lui, fut érigé bien plus tard, au XVIIIe siècle, et abrite une cloche provenant de l’ancienne église Saint-Jean de Madirac, démolie entre 1815 et 1825.
L’iconographie de l’église est remarquable, notamment ses huit chapiteaux historiés du presbytérium, datant du milieu du XIIe siècle, qui illustrent des thèmes religieux et moraux destinés au clergé. Parmi eux, le Sacrifice d’Isaac met en scène Abraham, Isaac et un démon nommé Sammaël, tandis que d’autres chapiteaux dénoncent la cupidité, l’indiscipline ou la luxure. À l’extérieur, la corniche du chevet compte 45 modillons sculptés, dont une série narrant une mise en garde contre l’adultère et la luxure, avec des représentations symboliques comme des couples enlacés, des animaux diaboliques ou des figures grotesques.
Le mobilier de l’église inclut des bas-reliefs en albâtre anglais des XIVe-XVe siècles, ainsi qu’une croix de cimetière du XVIe siècle, ornée de symboles de la Passion. Classée Monument Historique en 1925, l’église témoigne de l’évolution architecturale et artistique de la région, mêlant influences romanes, gothiques et baroques. Ses sculptures, tant intérieures qu’extérieures, en font un exemple rare de l’art médiéval aquitain, où se mêlent enseignements religieux et imaginaire fantastique.
Les restaurations successives, notamment aux XIXe et XXe siècles, ont permis de préserver cet édifice, tout en ajoutant des éléments comme le porche ou des baies. Aujourd’hui, l’église Saint-Caprais reste un patrimoine vivant, propriété de la commune, et un témoignage précieux de l’histoire locale, depuis ses origines paléochrétiennes jusqu’à son rôle actuel dans la communauté.