Origine et histoire de l'Église Saint-Christophe
L'église Saint-Christophe de Champlitte trouve son origine au XVe siècle, initiée en 1437 par Antoine de Vergy, seigneur local. Ce dernier, après avoir été emprisonné pour son implication dans l'assassinat de Jean Ier de Bourgogne, fit vœu d'agrandir la chapelle seigneuriale existante, y ajoutant une salle capitulaire et une tour-beffroi. En 1439, il obtint du pape Eugène IV la création d'un collège de chanoines, et fut inhumé dans cette collégiale la même année. L'édifice, initialement modeste, devint ainsi un lieu de culte et de pouvoir local, reflétant l'influence des seigneurs de Vergy dans la région.
Au XVIIIe siècle, l'église connut plusieurs campagnes de reconstruction majeures. Le chœur fut rebâti selon les plans de Claude-Antoine Aillet, puis la nef fut reconstruite entre 1735 et 1740, probablement sous la direction de l'architecte Devôge. À la fin du siècle, l'état dégradé du bâtiment conduisit l'évêque à en interdire l'accès. Une nouvelle reconstruction, débutée en 1791 sur les plans de Jean-Antoine Guyet, fut interrompue par la Révolution française. Ces travaux illustrent les défis de conservation des édifices religieux durant une période marquée par des changements politiques et sociaux profonds.
La reconstruction finale eut lieu entre 1817 et 1823, sous la direction de l'architecte Jean-Claude Disqueux, qui érigea un clocher « à l’impériale » de 80 mètres de haut, caractéristique des églises comtoises. Cependant, un incendie en 1888 détruisit une partie de l'édifice, dont le clocher, remplacé par une structure provisoire jamais restaurée dans son style original. Au XXe siècle, l'église fut enrichie par des œuvres d'artistes renommés : la fresque Martyre de saint Christophe peinte par Alfred Giess (Grand Prix de Rome) entre 1947 et 1952, et une statue de saint Christophe sculptée par Félix Joffre (également Grand Prix de Rome).
L'église, inscrite aux monuments historiques en 2009, témoigne d'une histoire architecturale complexe, mêlant styles gothique, classique et néo-classique. Sa protection officielle reconnaît sa valeur patrimoniale, liée à son rôle religieux, historique et artistique dans la commune de Champlitte. Les vitraux, dont certains signés par Ch. Champigneulle en 1923, ainsi que sa structure en pierre de taille, en font un exemple remarquable du patrimoine sacré de Bourgogne-Franche-Comté.