Frise chronologique
1161
Rattachement à Saint-Émilion
Rattachement à Saint-Émilion
1161 (≈ 1161)
Chapelle dépendante jusqu’à cette date.
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice roman et portail sculpté.
XVIe siècle
Agrandissement de la nef
Agrandissement de la nef
XVIe siècle (≈ 1650)
Modification de la structure intérieure.
1786
Modification du portail
Modification du portail
1786 (≈ 1786)
Réduction de l’ouverture de la porte.
1859-1860
Restauration par Labbé
Restauration par Labbé
1859-1860 (≈ 1860)
Voûte en plâtre et reconstruction du clocher.
1er décembre 1908
Classement du portail
Classement du portail
1er décembre 1908 (≈ 1908)
Protection au titre des monuments historiques.
30 juin 2000
Inscription de l’église
Inscription de l’église
30 juin 2000 (≈ 2000)
Protection intégrale du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le portail : classement par arrêté du 1er décembre 1908 - Eglise (cad. C 29) : inscription par arrêté du 30 juin 2000
Personnages clés
| Pierre-Auguste Labbé - Architecte diocésain |
Dirige les restaurations du XIXe siècle. |
| Bernard Fournier - Maître-verrier bordelais |
Auteur des sept vitraux modernes. |
Origine et histoire
L’église Saint-Christophe de Saint-Christophe-des-Bardes est un édifice religieux d’origine romane, construit au XIIe siècle. À l’origine simple chapelle ou oratoire rattachée au chapitre de Saint-Émilion jusqu’en 1161, elle mesurait 11 mètres sur 6,95 mètres. Son portail en plein cintre, orné de neuf arcades en retrait et de sculptures symboliques (oiseaux, feuilles de chêne, rinceaux), est un exemple remarquable de l’art roman. Les chapiteaux, décorés de personnages et d’animaux fantastiques, évoquent des thèmes moraux comme la lutte entre le Bien et le Mal. Ce portail a été classé au titre des monuments historiques en 1908.
Au XVIe siècle, la nef unique de l’église est agrandie, effaçant une grande partie des vestiges romans intérieurs. Les modifications se poursuivent au XIXe siècle sous la direction de l’architecte diocésain Pierre-Auguste Labbé : en 1859, une voûte en plâtre est ajoutée, et en 1860, le fronton triangulaire de la façade occidentale est remplacé par un clocher quadrilatère surmonté d’une flèche. Ces travaux, bien que modernisant l’édifice, ont fait disparaître presque toutes les traces romanes à l’intérieur. L’église dans son ensemble est inscrite aux monuments historiques en 2000.
La façade occidentale conserve des éléments romans notables, comme les modillons de la corniche, ajoutés lors des restaurations du XIXe siècle par Labbé. Ces modillons reprennent des thèmes classiques de l’iconographie romane, bien que moins cohérents que les originaux. À l’intérieur, l’église abrite sept vitraux modernes créés par le maître-verrier bordelais Bernard Fournier, représentant le Christ en majesté et le Tétramorphe. Le mur sud de la nef présente également deux cadrans canoniaux, outils liturgiques primitifs utilisés entre le IXe et le XIVe siècle pour déterminer les heures des offices.
L’autel de l’église est orné d’un bas-relief représentant la mise au tombeau du Christ, tandis que les chapiteaux de l’arc triomphal, datés du XVIe siècle, arbore une décoration végétale. Malgré les transformations successives, l’église Saint-Christophe reste un témoignage architectural des évolutions stylistiques et religieuses de la Gironde, mêlant héritage roman, modifications gothiques et restaurations modernes.