Origine et histoire de l'Église Saint-Christophe
L’église Saint-Christophe de Tourcoing, initialement dédiée à saint Vaast d’Arras, trouve ses origines au XIe siècle, avec des transformations majeures dès le XIIe (agrandissement) et le XIIIe (ajout d’un transept). Au XVe siècle, son clocher est déplacé du transept vers le porche, tandis que les enrichissements se poursuivent aux XVIe et XVIIIe siècles, notamment avec l’intervention de l’architecte Thomas-Joseph Gombert sur le chœur en 1722. L’essor industriel du XIXe siècle rend l’église trop exiguë : un chantier d’agrandissement est lancé en 1856 sous la direction de Charles Leroy (surchaussement de la nef), suivi par les travaux de Charles Maillard et Louis Croïn, qui surélèvent le clocher (1895–1898) en conservant sa charpente du XVIIIe siècle. De l’édifice originel subsistent le porche du XIIIe siècle, les murs en brique des bas-côtés et les colonnes du XVIe siècle.
La façade, inspirée du gothique rayonnant et flamboyant, se distingue par sa symétrie en trois travées, un portail à arc en accolade, et un clocher de 80 mètres orné de remplages et d’un carillon de 62 cloches (dont un bourdon de 6 tonnes). L’intérieur, lumineux, arbore des clés de voûte polychromes du XIXe siècle et un mobilier remarquable : confessionnaux sculptés (1730), un grand orgue des facteurs Fremat et Carlier (1751), et des retables néo-gothiques de Charles Maillard, partiellement murés au XXe siècle. Les vitraux, réalisés entre 1878 et 1898, complètent cet ensemble artistique.
Classée Monument Historique en 1981, l’église a subi une longue restauration (fermeture au culte jusqu’en 2001, travaux achevés en 2011). Son carillon, présent depuis le XVIIe siècle, et son musée dédié à l’art campanaire (accessible par un escalier hélicoïdal de 255 marches) témoignent de son rôle culturel et religieux. La réouverture en 2001 fut marquée par un concert des Crick-Sicks. Aujourd’hui, elle reste un symbole du patrimoine tourquennois, mêlant héritage médiéval et transformations industrielles.
L’édifice, de plan en croix latine à trois vaisseaux, allie brique et pierre de taille (tour occidentale, encadrements des baies). Son histoire reflète l’évolution urbaine de Tourcoing : d’une modeste église paroissiale à un monument adapté à l’expansion démographique du XIXe siècle. Les autels secondaires, refaits en style néo-gothique par Maillard (années 1860), illustrent cette volonté de modernisation, avec des retables peints par Bruno Chérier, aujourd’hui partiellement occultés.
Située rue de Tournai, près de l’hôtel de ville, l’église dépend du diocèse de Lille. Sa localisation sur la Grand-Place en fait un repère visuel et historique majeur, lié à l’identité de la ville. Les matériaux (grès en soubassement, ardoises de la flèche) et les techniques (voûtes polychromes, escalier du XVIe siècle) soulignent la diversité des périodes architecturales représentées, du Moyen Âge à l’ère industrielle.