Frise chronologique
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Édifice primitif en moellons cubiques.
XIIe siècle
Reprise architecturale
Reprise architecturale
XIIe siècle (≈ 1250)
Abside et façade en grand appareil.
1289
Attestation templière
Attestation templière
1289 (≈ 1289)
Paroisse dépendante de Sallebruneau.
XIVe siècle
Ajout voussure
Ajout voussure
XIVe siècle (≈ 1450)
Voussure interne asymétrique au portail.
14 avril 1909
Classement MH
Classement MH
14 avril 1909 (≈ 1909)
Protection du portail occidental.
16 avril 2002
Inscription totale
Inscription totale
16 avril 2002 (≈ 2002)
Classement de l'édifice entier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le portail occidental : classement par arrêté du 14 avril 1909 - L'église en totalité, à l'exclusion du portail classé (cad. AT 237) : inscription par arrêté du 16 avril 2002
Personnages clés
| Templiers - Moines-soldats |
Gestionnaires de la paroisse dès 1289. |
| François Jouannet - Conservateur bibliothèque Bordeaux |
Critique des modillons au XIXe. |
| Léo Drouyn - Dessinateur et historien |
A documenté les modillons avant 1876. |
| Curé anonyme (XIXe siècle) - Responsable religieux local |
A martelé un modillon jugée indécente. |
Origine et histoire
L'église Saint-Christophe du Puch, située au lieu-dit Le Puch à Sauveterre-de-Guyenne (Gironde), est un exemple emblématique des sanctuaires ruraux construits entre les XIe et XIIe siècles. Son édifice primitif, identifiable par son petit appareil visible sur les murs nord et sud, se compose d'une nef unique charpentée en moellons cubiques et d'une abside voûtée en cul-de-four. La façade occidentale, dotée d'un clocher-mur à baies ogivales, abrite un portail roman orné de voussures asymétriques, dont l'une date du XIVe siècle.
Le monument est étroitement lié aux Templiers : la paroisse, attestée dès 1289, dépendait de la commanderie hospitalière de Sallebruneau. Les moines-soldats ont probablement contribué à l'élaboration du portail occidental, dont les sculptures s'inspirent de celles de l'abbaye de La Sauve-Majeure. La corniche à modillons, supportée par sept sculptures figuratives, et les chapiteaux historiés illustrent une iconographie romane centrée sur la dénonciation des vices, notamment la luxure.
Classé au titre des monuments historiques en 1909 pour son portail, puis inscrit en totalité en 2002, l'édifice conserve des traces de censure : un modillon représentant un couple en position explicite fut martelé au XIXe siècle par un curé. Les autres modillons, bien conservés, dépeignent des scènes symboliques (musiciens, acrobates, sirène bicaudale) reflétant les mœurs et croyances médiévales. L'église, propriété communale, témoigne ainsi de l'art roman girondin et de son héritage templier.
La nef, terminée par une abside en hémicycle, montre une reprise architecturale au XIIe siècle, visible dans le grand appareil régulier. Ce mélange de styles (XIe, XIIe et XIVe siècles) souligne les évolutions techniques et artistiques de l'époque. Malgré son apparente simplicité, l'église Saint-Christophe du Puch incarne un patrimoine religieux et historique majeur de la Nouvelle-Aquitaine, marqué par son rôle de commanderie et son décor sculpté exceptionnel.