Frise chronologique
1579
Pillage et incendie
Pillage et incendie
1579 (≈ 1579)
Guerres de Religion, premier texte attesté.
1757
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
1757 (≈ 1757)
Style néoclassique après destruction partielle.
1790
Séparation de Comines
Séparation de Comines
1790 (≈ 1790)
Perte du statut de collégiale.
1911
Campagne de restauration
Campagne de restauration
1911 (≈ 1911)
État désastreux avant 1914.
1914-1918
Destruction totale
Destruction totale
1914-1918 (≈ 1916)
Bombardements pendant la Première Guerre.
1922
Début de la reconstruction
Début de la reconstruction
1922 (≈ 1922)
Projet confié à Storez et Bellot.
7 juillet 1928
Inauguration
Inauguration
7 juillet 1928 (≈ 1928)
Achèvement partiel avant finition en 1929.
9 septembre 2002
Classement Monument historique
Classement Monument historique
9 septembre 2002 (≈ 2002)
Reconnaissance de sa singularité architecturale.
2011-2017
Restauration majeure
Restauration majeure
2011-2017 (≈ 2014)
Travaux de conservation et mise en valeur.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité, y compris le monument aux morts de la guerre de 1914-1918, partie intégrante du clocher (cad. AZ 354) : classement par arrêté du 9 septembre 2002
Personnages clés
| Dom Paul Bellot - Architecte et moine |
Concepteur du projet et du mobilier. |
| Maurice Storez - Architecte en chef |
Responsable de la reconstruction via *L’Arche*. |
| Vincent Cousin - Maire de Comines |
Commanditaire de la reconstruction post-guerre. |
| Louis-Marie Cordonnier - Architecte |
Reconstruit l’hôtel de ville voisin. |
Origine et histoire
L’église Saint-Chrysole de Comines, reconstruite après la Première Guerre mondiale, remplace un édifice détruit par les bombardements. Le projet, confié en 1922 à Maurice Storez et Dom Paul Bellot (association L’Arche), s’inspire de l’art byzantin : plan en croix grecque, dôme polygonal couvert de tuiles vernissées, et structure apparente en béton armé. Les transepts, prévus initialement, ne furent jamais construits faute de financements. L’ossature, combinant béton, brique et parpaing coloré, crée un décor géométrique rosé, tandis que les emprunts à l’architecture arabo-andalouse (nervures, arcs) adoucissent la rigueur structurelle.
La première pierre est posée en 1922, mais l’église n’est achevée qu’en 1929, après sept années de chantier. Inaugurée le 7 juillet 1928, elle intègre un mobilier dessiné par Dom Bellot, marquant sa première œuvre française avant le couvent de Wisques. Classée Monument historique en 2002, elle subit une restauration majeure entre 2011 et 2017, révélant ses mosaïques byzantines et ses audaces techniques, comme les voiles de béton mince. Son clocher, hors-œuvre, occupe l’emplacement de l’ancien beffroi communal, tandis qu’une galerie le relie au narthex.
Les origines de l’église remontent, selon des traditions locales non vérifiées, au IIIe siècle (transformation d’un temple païen par Chrysole) ou au XIe siècle (collégiale de chanoines). Les premiers textes attestés datent du XVIe siècle, évoquant son pillage en 1579 lors des guerres de Religion. Reconstruite partiellement en 1757 (chœur néoclassique), elle perd son statut de collégiale en 1790 après la séparation de Comines-Nord (France) et Comines-Sud (Belgique). Deux campagnes de restauration précèdent 1914, mais son état désastreux en 1911 laisse présager une reconstruction, accélérée par la destruction totale durant la Grande Guerre.
La reconstruction s’inscrit dans un projet urbain global : l’église, orientée vers l’hôtel de ville et son beffroi, structure la place centrale de Comines. Son architecture hybride — romanisme des reprises de charge, byzantinisme du plan, décor islamisant — reflète les influences de Dom Bellot, moine-architecte formé aux Pays-Bas. Le monument aux morts de 1914-1918, intégré au clocher, souligne son rôle mémoriel. Aujourd’hui, l’église incarne à la fois la résilience post-guerre et l’innovation architecturale des années 1920, alliant fonctionnalité moderne et symbolisme religieux.