Frise chronologique
1794 (an II)
Réunion à la paroisse d’Abbas
Réunion à la paroisse d’Abbas
1794 (an II) (≈ 2)
Arrêté révolutionnaire supprimant son autonomie.
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Édification préromane avec arc outrepassé.
1226
Appartenance au chapitre de Rodez
Appartenance au chapitre de Rodez
1226 (≈ 1226)
L’église est citée comme propriété du chapitre.
1230
Concession de dimes par l’évêque Pierre
Concession de dimes par l’évêque Pierre
1230 (≈ 1230)
Dons de revenus agricoles à Saint-Clément.
1279
Échange avec le chapitre de Rodez
Échange avec le chapitre de Rodez
1279 (≈ 1279)
Saint-Clément cédée à l’évêque contre d’autres églises.
2024
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2024 (≈ 2024)
Protection de l’église et de son cimetière.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L’église Saint-Clément et le sol du cimetière avec les murs de soutènement, en totalité, tels que délimités en rouge sur le plan annexé à l’arrêté, situés dans le hameau de Saint-Clémént, figurant au cadastre section B parcelles 527 et 528 : inscription par arrêté du 6 juin 2024
Personnages clés
| Évêque Pierre de Rodez - Prélat du XIIIe siècle |
Concède des dimes à Saint-Clément en 1230. |
| Chanoine Débat - Historien local (XIXe-XXe siècle) |
Conteste l’hypothèse d’un monastère bernardin. |
| Galvanh - Viguier de Rodez (1247) |
Abandonne ses droits sur Saint-Clément à Bonnecombe. |
| Hugues - Chanoine arbitre (1226) |
Règle un conflit de dimes en faveur de Saint-Clément. |
Origine et histoire
L’église Saint-Clément, située à Druelle-Balsac (Aveyron, Occitanie), est un édifice religieux construit principalement au XIe siècle, avec des modifications au XIXe siècle. Elle se distingue par sa nef unique de 7 mètres de long, son chœur rectangulaire à chevet plat, et une porte en arc plein cintre outrepassé murée sur son élévation nord. Bâtie en moellons de gneiss et couverte de lauzes, elle domine la confluence de l’Aveyron et du ruisseau Le Maresque. Son décor intérieur, partiellement masqué par un badigeon blanc, révèle des motifs peints imitant des pierres rouges et des formes géométriques. L’église, entourée d’un cimetière encore en usage, était à l’origine une annexe de la paroisse de Moyrazès avant d’être rattachée à celle d’Abbas après la Révolution.
L’histoire de Saint-Clément est marquée par des liens avec le chapitre de la cathédrale de Rodez dès le XIIIe siècle. En 1226, l’église appartient déjà au chapitre, et son recteur cumule cette charge avec celle de Moyrazès, résidence estivale des évêques. Un arbitrage de 1226 impose à la paroisse voisine de Saint-Christophe de verser des dimes (vin, froment, seigle) à Saint-Clément. En 1230, l’évêque Pierre lui concède des dimes abandonnées dans la paroisse d’Abbas. En 1279, le chapitre échange Saint-Clément et Moyrazès contre d’autres églises du diocèse. Bien que certains historiens aient évoqué un monastère bernardin lié à l’abbaye de Bonnecombe, cette hypothèse est contestée par le chanoine Débat, qui souligne la disparition de toute trace monastique dès le XIIIe siècle.
L’église perd son statut paroissial avant la Révolution, devenant une simple chapelle (« capella »). En 1794, elle est réunie à la paroisse d’Abbas par arrêté révolutionnaire, mais les habitants conservent ses ornements, provoquant une réclamation du maire de Moyrazès en 1807. Le site, isolé sur un promontoire, conserve son cimetière et une architecture préromane caractéristique : appareil rustique, dimensions réduites, et plan sobre. Aucune trace de travaux majeurs n’apparaît dans les archives communales de Druelle. Classée Monument Historique en 2024, elle appartient aujourd’hui à la commune de Druelle-Balsac, issue de la fusion de Druelle et Balsac en 2017.
Le hameau de Saint-Clément, dominé par l’église, occupe un site stratégique près d’une ancienne voie romaine passant par Le Pas. Ce lieu, autrefois annexe de Moyrazès, illustre l’organisation religieuse médiévale du Rouergue, où les chapitres cathédraux et les abbayes (comme Bonnecombe) se disputent influences et revenus. Les dimes et redevances mentionnées dans les archives révèlent son intégration dans un réseau économique local, lié à la culture céréalière et viticole. L’arc outrepassé et les moellons de gneiss rappellent les églises préromanes de la région, tandis que son isolement actuel contraste avec son rôle passé de lieu de culte et de sépulture communautaire.