Frise chronologique
XIIIe ou XIVe siècle
Piliers romanes du chœur
Piliers romanes du chœur
XIIIe ou XIVe siècle (≈ 1450)
Vestiges les plus anciens, école de Pont-Croix.
XVIe siècle
Construction majeure
Construction majeure
XVIe siècle (≈ 1650)
Élévation ouest, clocher, transept, porche sud.
1751
Rénovation partielle
Rénovation partielle
1751 (≈ 1751)
Sacristie et pile nord datées.
1772
Refonte des arcades
Refonte des arcades
1772 (≈ 1772)
Linteau porteur de cette date.
1799
Réparation du clocher
Réparation du clocher
1799 (≈ 1799)
Travaux post-révolutionnaires.
1878
Consolidation du clocher
Consolidation du clocher
1878 (≈ 1878)
Renforcement structurel.
1930
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1930 (≈ 1930)
Inscription par arrêté ministériel.
Début XXe siècle
Croix monumentale Donnart
Croix monumentale Donnart
Début XXe siècle (≈ 2004)
Mémorial 1914-1918 dans l’enclos.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AB 32) : inscription par arrêté du 11 octobre 1930
Personnages clés
| Saint Clet - Saint patron |
Statue centrale du chevet, vocable actuel. |
| Saint Cleden - Ancien saint patron |
Vocable primitif jusqu’au XVIe siècle. |
| V : D : M : A : JANNIC : Rr - Commanditaire ou artisan |
Signature gravée sur linteau (1772). |
| Atelier Donnart - Sculpteur |
Auteur de la croix monumentale (XXe). |
| Daniel Bernard - Historien |
A analysé l’architecture (1952). |
Origine et histoire
L’église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun, située dans le Finistère, est un édifice composite construit principalement aux XVIe et XVIIIe siècles. Elle se distingue par sa nef à trois travées avec bas-côtés, un chevet polygonal flanqué de sacristies, et un clocher inspiré de celui de la collégiale de Pont-Croix. Son porche sud, orné de niches sculptées de figures monstrueuses (lions, dragons, personnages), et ses deux portes principales – dont une de style flamboyant surmontée de bas-reliefs représentant des bateaux de pêche – témoignent de son riche décor. À l’extérieur, trois statues en granite (saint Clet, saint Pierre et saint Paul) ornent le chevet, tandis qu’une croix monumentale du XXe siècle, dédiée aux morts de la Première Guerre mondiale, se trouve dans l’enclos.
L’intérieur révèle deux piliers romanes du XIIIe ou XIVe siècle, vestiges les plus anciens de l’église, tandis que le chœur et les arcades de la nef datent du XVIIIe siècle. Les dates gravées (1751 sur une sacristie, 1772 sur un linteau) confirment ces remaniements. Les sept bateaux sculptés sur les murs, symboles de la prospérité maritime du Cap-Sizun au XVIe siècle, rappellent le rôle central des pêcheurs et navigateurs dans le financement des édifices religieux. Ces représentations, fréquentes dans la région, mêlaient ostentation et quête de protection divine pour des communautés vivantes de l’industrie des pêcheries et du commerce.
Classée Monument Historique en 1930, l’église illustre une architecture hybride, « ni d’une seule époque, ni d’un même style » (Bernard, 1952). Son clocher, réparé en 1799 et consolidé en 1878, domine un bourg où l’enclos paroissial servait autrefois de cimetière. Initialement dédiée à saint Cleden jusqu’au XVIe siècle, elle porte aujourd’hui le vocable de saint Clet, reflétant les évolutions cultuelles locales. Les influences de l’école de Pont-Croix, visibles dans les piliers du chœur, soulignent les liens artistiques régionaux.
La croix monumentale de kersantite, réalisée au début du XXe siècle par l’atelier Donnart de Landerneau, ajoute une dimension mémorielle au site. Flanquée d’un soldat et d’un marin, elle honore les « glorieux martyrs » de la commune morts pendant la Première Guerre mondiale. Cet ensemble, à la fois religieux et commémoratif, ancré dans un paysage marqué par l’activité maritime, incarne la dualité sacrée et profane du patrimoine breton.