Frise chronologique
1262
Première mention écrite
Première mention écrite
1262 (≈ 1262)
Titre évoquant l'église dans les archives.
fin XIIe - début XIIIe siècle
Construction du chœur et du transept
Construction du chœur et du transept
fin XIIe - début XIIIe siècle (≈ 1325)
Style de transition roman-gothique, chapiteaux à crochets.
1619-1620
Construction du clocher fortifié
Construction du clocher fortifié
1619-1620 (≈ 1620)
Date gravée sur la clé de voûte.
14 juin 1989
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
14 juin 1989 (≈ 1989)
Protection de l'église (arrêté initial).
1989
Effondrement de la voûte du transept
Effondrement de la voûte du transept
1989 (≈ 1989)
Suivi de restaurations en 1993.
17 mars 1994
Classement des parties fortifiées
Classement des parties fortifiées
17 mars 1994 (≈ 1994)
Clocher et tour circulaire classés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AB 114) : inscription par arrêté du 14 juin 1989 - Parties fortifiées comprenant le clocher et la tour circulaire qui lui est accolée (cad. AB 114) : classement par arrêté du 17 mars 1994
Personnages clés
| René du Bec - Seigneur de Wardes et gouverneur de La Capelle |
Commanditaire du clocher (armes gravées en 1619). |
| Isabeau de Coucy - Dame de Vervins, épouse de René du Bec |
Armoiries associées à celles de son époux. |
| Saint Berthaud - Missionnaire irlandais (Ve-VIe siècles) |
Statue vénérée dans l'église, costume anachronique. |
Origine et histoire
L'église Saint-Corneille-et-Saint-Cyprien d'Hary, située dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France, est un monument emblématique de l'architecture religieuse fortifiée de la Thiérache. Construite à la limite des XIIe et XIIIe siècles pour sa partie médiévale, elle illustre la transition entre les styles roman et gothique, avec un chœur voûté d'ogives et une nef plus basse, typique des églises rurales de l'époque. Son clocher carré, dépourvu de défenses militaires actives, servait de refuge passif aux habitants lors des raids ennemis, comme en témoignent ses murs épais et ses étages intérieurs.
La partie fortifiée, incluant le clocher et une tourelle d'escalier ronde, date du premier quart du XVIIe siècle, comme l'atteste la date de 1619 gravée sur la clé de voûte du porche. Ce clocher en brique, orné de motifs géométriques en briques vernissées, porte les armes de René du Bec et d'Isabeau de Coucy, seigneurs locaux. L'église, classée Monument Historique en 1994 pour ses éléments fortifiés, a subi des remaniements au XVIIe siècle, comme la suppression d'un bas-côté nord et la modification des baies, tout en conservant des traces de son origine médiévale, notamment dans les chapiteaux à crochets du chœur.
Le chœur, divisé en cinq travées, est la partie la plus remarquable de l'édifice, avec des voûtes en brique et des chapiteaux décorés de feuilles stylisées (plantain, chélidoine), caractéristiques de la fin du XIIe siècle. Les crédences géminées et la piscine trilobée témoignent d'une influence gothique naissante, tandis que la nef, non voûtée et couverte d'un lambris, reflète les traditions romanes persistantes. L'absence de bases aux colonnes suggère une surélévation ultérieure du pavé, et l'autel néo-grec, ajouté postérieurement, masque une fenêtre d'origine.
L'église abrite une statue en bois de saint Berthaud, missionnaire irlandais des Ve-VIe siècles, vêtu d'un costume du XVe-XVIe siècle, illustrant la pratique médiévale d'actualiser les représentations saintes. Le lion à ses pieds, attribut évangélique, renforce son identification comme figure religieuse plutôt que noble. Les vitraux et les éléments décoratifs intérieurs, bien que remaniés, conservent des traces des transitions stylistiques entre roman et gothique, comme les arcs brisés du chœur contrastant avec les pleins cintres du transept.
Classée partiellement dès 1989 puis intégralement en 1994, l'église a bénéficié de restaurations après l'effondrement de la voûte du transept en 1989. Son histoire est liée à l'abbaye de Saint-Corneille de Compiègne, bien qu'aucun document avant 1262 ne mentionne explicitement son existence. Les particularités architecturales, comme l'abside à pans coupés et les contreforts saillants, confirment sa datation tardive du XIIe siècle, reflétant le décalage entre les innovations des cathédrales (comme Laon ou Soissons) et les réalisations rurales, souvent plus conservatrices.