Frise chronologique
1090
Donation initiale
Donation initiale
1090 (≈ 1090)
Église cédée au prieuré Saint-Florent par l’évêque Adémar.
2e moitié XIIe siècle
Construction romane
Construction romane
2e moitié XIIe siècle (≈ 1250)
Chœur et transept nord érigés, abside en hémicycle.
4e quart XVe siècle
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
4e quart XVe siècle (≈ 1587)
Nef et façade occidentale refaites, style flamboyant.
1865
Restauration des voûtes
Restauration des voûtes
1865 (≈ 1865)
Voûtes en brique ajoutées à l’intérieur.
1948
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1948 (≈ 1948)
Église et cimetière inscrits à l’inventaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise et son cimetière : inscription par arrêté du 29 novembre 1948
Personnages clés
| Adémar - Évêque d’Angoulême (XIe siècle) |
Donata l’église au prieuré en 1090. |
| Élie de Rivières - Seigneur local (XIIe siècle) |
Aurait bâti la coupole après une croisade. |
| Famille de Guitard - Seigneurs de Rivières (XVe–XXe siècles) |
Propriétaires du fief pendant les transformations gothiques. |
Origine et histoire
L'église Saint-Cybard de Rivières, mentionnée dès 1090, fut initialement donnée au prieuré Saint-Florent de La Rochefoucauld par Adémar, évêque d'Angoulême. De cette première construction, aucun vestige ne subsiste. L’édifice actuel, érigé à partir de la 2e moitié du XIIe siècle, conserve un chœur et un transept nord d’inspiration romane, dont l’abside en hémicycle témoigne d’une grande maîtrise architecturale. La coupole byzantine du carré du transept, soutenue par des trompes, pourrait avoir été inspirée par les croisades, selon une tradition locale attribuant sa construction à Élie, seigneur de Rivières, de retour d’Orient.
Au 4e quart du XVe siècle, l’église fut largement remaniée : la nef fut reconstruite dans le style gothique flamboyant, visible aujourd’hui à la façade occidentale et à son portail ouvragé. Le chevet plat, renforcé par des contreforts, fut adapté à la déclivité du terrain. À cette époque, le fief de Rivières appartenait à la maison de Crozant, puis passa aux mains de la famille de Guitard. Les voûtes intérieures, en brique, datent quant à elles de 1865, marquant une restauration tardive. L’ensemble, incluant son cimetière aux pierres tombales du XIXe siècle, fut inscrit aux Monuments Historiques en 1948.
Le site de Rivières, traversé par la Tardoire et proche du karst de La Rochefoucauld, révèle une occupation ancienne : une nécropole-sanctuaire de l’âge du Fer et un fanum gallo-romain furent mis au jour à Ribérolles. Au Moyen Âge, la seigneurie de Rivières, liée aux comtes d’Angoulême, joua un rôle local notable. L’église, centre spirituel et social, reflète cette histoire mouvementée, entre héritage roman, influences orientales et transformations gothiques, dans un paysage marqué par les rivières et les forêts domaniales.
Au XXe siècle, Rivières connut un essor industriel avec des tuileries et l’usine de pantoufles Charentaise, fermée en 2019. L’église, toujours propriété communale, reste un témoin majeur du patrimoine religieux charentais, mêlant architecture médiévale et réemplois modernes. Son inscription aux Monuments Historiques souligne sa valeur patrimoniale, entre mémoire romane et adaptations gothiques, dans un environnement géologique et historique exceptionnel.