Frise chronologique
1150–1200
Construction initiale
Construction initiale
1150–1200 (≈ 1175)
Nef et chevet, style roman tardif/gothique.
1606
Restauration et tours
Restauration et tours
1606 (≈ 1606)
Ajout des tours en brique et bas-côtés.
1811
Fonte des cloches
Fonte des cloches
1811 (≈ 1811)
Installation dans le donjon.
Après 1918
Restauration de la nef
Restauration de la nef
Après 1918 (≈ 1918)
Post-Première Guerre mondiale.
1927
Classement MH
Classement MH
1927 (≈ 1927)
Façade occidentale inscrite.
1929–1931
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1929–1931 (≈ 1930)
Style inspiré de Saïgon.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade occidentale : inscription par arrêté du 24 octobre 1927
Personnages clés
| Saint Cyr et Sainte Julitte - Patrons de l’église |
Martyrs chrétiens du IVe siècle. |
| Eugène Mennesson - Historien local |
A décrit l’église en 1877. |
| Pierre Pigneau de Behaine - Missionnaire et évêque |
Baptisé dans les fonts (XVIe). |
| Jean de Bosenoë - Seigneur d’Origny |
Pierre tombale de 1395. |
| Pierre Bocquet - Donateur du bénitier |
Bénitier daté de 1617. |
Origine et histoire
L'église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte d'Origny-en-Thiérache, dédiée à deux martyrs chrétiens du IVe siècle, est un édifice religieux aux caractéristiques défensives marquées. Construite principalement entre le XVIe et le XVIIe siècle, elle intègre des éléments plus anciens, comme des croix de consécration romanes et des fenêtres en plein cintre datant probablement des XIIe et XIIIe siècles. Son donjon rectangulaire, ses deux tours en brique, et ses meurtrières témoignent de son rôle de refuge fortifié, typique des églises de Thiérache.
La façade occidentale, inscrite aux monuments historiques en 1927, évoque une forteresse avec son donjon en pierre et ses tours en brique datées de 1606. À l’intérieur, la nef non voûtée contraste avec le chœur et la croisée du transept, couverts de voûtes ogivales en pierre. Les boiseries Louis XV du chœur, provenant de l’abbaye de Foigny, représentent des figures religieuses comme saint Bernard et sainte Thérèse. Ces éléments artistiques s’ajoutent à des pièces historiques, telles qu’une pierre tombale de 1395 et des fonts baptismaux du XVIe siècle, où fut baptisé Mgr Pigneau de Behaine, missionnaire en Cochinchine.
Le clocher, reconstruit entre 1929 et 1931, s’inspire de la cathédrale Notre-Dame de Saïgon, en hommage à Pigneau de Behaine, natif d’Origny. Ce décor en brique polychrome, imitant les motifs vietnamiens, symbolise les liens entre le village et l’Indochine. La nef, refaite après la Première Guerre mondiale, et les vitraux des bas-côtés, contemporains des tours, complètent cet édifice hybride, à la fois lieu de culte, forteresse, et témoin des échanges culturels.
Les descriptions du XIXe siècle, comme celle d’Eugène Mennesson en 1877, soulignent l’aspect militaire de l’église, avec ses cheminées noircies, ses barres de chêne pour verrouiller les portes, et ses voûtes en cul-de-four. Les pierres tombales, dont celle de Jean de Bosenoë (1395) ou de la famille Pigneau (XVIIIe–XIXe siècles), rappellent son rôle central dans la vie communautaire. Les boiseries, la statue de la Vierge du XVIIe siècle, et le bénitier de 1617 illustrent aussi son patrimoine artistique et religieux.
L’utilisation de la brique, attestée dès 1606, marque une période de restaurations et d’extensions, tandis que les éléments en pierre (nef, chevet) remontent probablement aux XIIe–XIIIe siècles. Cette superposition de styles — roman tardif, gothique, et classique — reflète une histoire complexe, entre protection militaire, dévotion locale, et adaptations architecturales. L’église reste un symbole de la Thiérache, région connue pour ses églises fortifiées, tout en incarnant des liens historiques avec l’Asie.