Frise chronologique
XIIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice roman bâti par les moines de Cluny
1789
Protection pendant la Révolution
Protection pendant la Révolution
1789 (≈ 1789)
Curé Dubost évite la destruction de l'église
1845
Fonte de la cloche
Fonte de la cloche
1845 (≈ 1845)
Cloche de 610 kg par J.-A. Baudouin
2 octobre 1961
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2 octobre 1961 (≈ 1961)
Protection officielle de l'édifice
1965
Effondrement de la toiture
Effondrement de la toiture
1965 (≈ 1965)
Fermeture temporaire au culte
1979
Restauration de la nef
Restauration de la nef
1979 (≈ 1979)
Toiture refaite avec lattes de chêne
1984
Découverte de peintures murales
Découverte de peintures murales
1984 (≈ 1984)
*Christ en Majesté* dans l'abside
2004
Fin des restaurations
Fin des restaurations
2004 (≈ 2004)
Drainage et réfection du plafond
2020
Intégration aux Chemins du roman
Intégration aux Chemins du roman
2020 (≈ 2020)
Parcours touristique régional
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. E 120) : classement par arrêté du 2 octobre 1961
Personnages clés
| Louis François Dubost - Curé de Bissy-la-Mâconnaise |
Protège l'église en 1789 pendant la Révolution |
| J.-A. Baudouin - Fondeur de cloches |
A fondu la cloche en 1845 |
| Jean-Claude Naulin - Curé de Lugny |
Bénit la cloche en 1845 |
| Jean Guillemaux - Tailleur de pierres |
Conçoit la tourelle d'escalier en 1770 |
| Abbé Raymond Oursel - Historien local |
A décrit le clocher comme "barlong" |
Origine et histoire
L'église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Bissy-la-Mâconnaise, située en Bourgogne-Franche-Comté, est un édifice roman construit au XIIe siècle par les moines de l'abbaye de Cluny. Elle se distingue par son clocher barlong évoquant une tour de château fort, et son architecture sobre : nef unique prolongée d'une abside semi-circulaire ornée d'arcatures romanes. Classée Monument Historique en 1961, elle abrite un mobilier remarquable, dont des statuettes polychromes des XVe–XVIe siècles (saint Antoine, saint Fiacre) et un antependium en cuir de Cordoue du XVIIe siècle.
L'église a traversé des périodes de délabrement, notamment après l'effondrement de sa toiture en 1965, entraînant sa fermeture au culte. Des campagnes de restauration majeures ont été menées : réparation de l'abside et du clocher en 1972, remplacement de la charpente de la nef en 1979 (avec des lattes de chêne et des laves roses de Charcuble), et découverte en 1984 de peintures murales médiévales, dont un Christ en Majesté dans l'abside. Une litre seigneuriale et une fenêtre romane à mosaïques peintes y furent aussi mises au jour.
Le mobilier, classé en 1966, inclut des œuvres d'art populaire comme une Vierge de douleur (XVe siècle) ou un saint évêque au visage bonhomme, longtemps conservées au musée Ochier de Cluny avant leur retour. L'édifice doit sa préservation à des figures locales, comme le curé Louis François Dubost, qui en 1789 évita sa destruction pendant la Révolution en accueillant des paysans révoltés dans son presbytère.
L'église, propriété de la commune, relève aujourd'hui de la paroisse Notre-Dame-des-Coteaux-en-Mâconnais (siège à Lugny). Elle a intégré en 2020 les Chemins du roman en Mâconnais Sud Bourgogne, un parcours touristique mettant en valeur le patrimoine roman de la région. Sa cloche de 610 kg, fondue en 1845 par le fondeur mâconnais J.-A. Baudouin, témoigne de son ancrage dans la vie locale.
Les restaurations récentes (drainage, réfection du plafond en 2004) ont été portées par des associations locales, comme Bissy d'hier et d'aujourd'hui, fondée en 1997. Ces initiatives ont permis de redonner à l'édifice sa fonction cultuelle et patrimoniale, tout en révélant des éléments architecturaux méconnus, comme la fenêtre romane ou les fragments de litre.
L'église s'inscrit dans le paysage religieux du Haut-Mâconnais, aux côtés de trois autres édifices dédiés à saint Cyr et sainte Julitte dans le diocèse d'Autun. Son histoire reflète les défis de la préservation du patrimoine rural, entre délabrements historiques (réparations en 1767), engagements communautaires et interventions des Monuments Historiques.