Frise chronologique
930
Fondation de la paroisse
Fondation de la paroisse
930 (≈ 930)
Première mention écrite de Ligneyrac (sans lien direct avec l’église actuelle).
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édification de la nef, du chœur et de l’abside.
XVe siècle
Rénovations majeures
Rénovations majeures
XVe siècle (≈ 1550)
Ajout de quatre chapelles et modification de la voûte.
26 novembre 1928
Première protection
Première protection
26 novembre 1928 (≈ 1928)
Inscription partielle (oratoire et église sauf nef).
1937
Verrière du tympan
Verrière du tympan
1937 (≈ 1937)
Création par Charles Borie pour le portail occidental.
16 janvier 2024
Classement complet
Classement complet
16 janvier 2024 (≈ 2024)
Protection étendue à l’ensemble de l’église et de l’oratoire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L’église Saint-Cyr et Sainte-Julitte et l’oradour, en totalité, situés sur les parcelles n° 129 et 131, figurant au cadastre section AB, conformément au plan annexé : inscription par arrêté du 16 janvier 2024
Personnages clés
| Saint Cyr et Sainte Julitte - Patrons de l’église |
Martyrs du IVe siècle, dédicataires de l’édifice. |
| Charles Borie - Artisan verrier |
Auteur de la verrière du tympan (1937). |
Origine et histoire
L'église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte, située à Ligneyrac en Corrèze (Nouvelle-Aquitaine), est un édifice religieux catholique construit principalement au XIIe siècle, avec des adjonctions aux XIIIe et XVe siècles. Elle se distingue par son architecture en grès rouge, son orientation atypique (est-nord-est/ouest-sud-ouest), et un clocher carré dominant le chœur. À l’origine, l’église était dédiée aux saints Cyr et Julitte, martyrs du IVe siècle, et son plan initial comprenait une nef voûtée en berceau, un chœur carré et une abside semi-circulaire. Quatre chapelles latérales, voûtées d’ogives et ornées de rosaces armoriées, furent ajoutées au XVe siècle, reflétant les évolutions stylistiques de l’époque.
L’oratoire adjacent, appelé « oradour », est un édicule funéraire du XVe siècle situé sur l’emplacement de l’ancien cimetière. Protégé par un auvent carré, il abrite des peintures murales représentant les Douze Apôtres avec des banderoles portant le Credo, ainsi qu’une pierre destinée à recevoir les cercueils lors des prières pour les défunts. Le portail occidental, daté du XIIe siècle, conserve ses pentures en fer forgé d’origine, un vitrail hémicirculaire, et une archivolte à damier. Le clocher, rare exemple régional de tour carrée, est percé de baies géminées reposant sur des colonnettes monolithes. L’ensemble, classé Monument Historique depuis 1928 (étendu en 2024), illustre l’évolution d’une paroisse rurale médiévale, marquée par des remaniements tardifs comme la sacristie du XXe siècle.
L’église combine des matériaux contrastés : calcaire blanc pour les éléments sculptés (chapiteaux, colonnettes) et grès rouge/gris pour les murs, créant un effet polychrome aujourd’hui atténué par l’érosion. Les marques de tâcherons (initiales P, B, E) gravées sur les pierres témoignent des techniques de construction médiévales. À l’intérieur, la nef, séparée du chœur par un arc-diaphragme à double rouleau, mène à une abside voûtée en cul-de-four. Les chapiteaux, ornés de motifs en dents de scie ou de spires entrecroisées, reflètent l’influence romane locale. Trois objets mobiliers sont protégés : un tabernacle du XVIIe siècle et deux bustes du XVIIIe siècle (Dieu le Père et saint Eutrope).
L’histoire de l’église est liée à la fondation de la paroisse de Ligneyrac, mentionnée dès 930 bien que l’édifice actuel date du XIIe siècle. Au XVe siècle, des modifications majeures furent apportées, dont la reconstruction de la voûte en berceau de la nef et l’ajout des chapelles latérales. La verrière du tympan, réalisée en 1937 par Charles Borie, et la sacristie du début XXe siècle marquent les dernières interventions notables. L’oratoire, avec ses peintures des XII Apôtres, et le clocher à baies géminées, en font un exemple remarquable du patrimoine religieux limousin, préservé dans son contexte rural d’origine.