Frise chronologique
IXe siècle
Première mention d'un moulin lié à l'abbaye de Saint-Denis
Première mention d'un moulin lié à l'abbaye de Saint-Denis
IXe siècle (≈ 950)
Diplôme du roi Eudes évoquant Ermenold.
XIe siècle
Fondation de la première église
Fondation de la première église
XIe siècle (≈ 1150)
Donation de l'autel à Saint-Martin-des-Champs.
1542
Nouvelle dédicace de l'église médiévale
Nouvelle dédicace de l'église médiévale
1542 (≈ 1542)
Célébrée par l'évêque Guy de Montmirail.
1750
Lancement du projet urbanistique
Lancement du projet urbanistique
1750 (≈ 1750)
Initié par le comte de Machault d'Arnouville.
1782
Achèvement de l'église actuelle
Achèvement de l'église actuelle
1782 (≈ 1782)
Conçue par Jean-Baptiste Chaussard.
12 juin 1986
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
12 juin 1986 (≈ 1986)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Denis (cad. AH 85) : inscription par arrêté du 12 juin 1986
Personnages clés
| Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville - Comte, garde des sceaux et contrôleur général des finances |
Commanditaire du projet urbanistique et de l'église. |
| Jean-Baptiste Chaussard - Architecte néo-classique |
Concepteur de l'église, achevée en 1782. |
| Pierre Contant d'Ivry - Architecte du projet initial |
Collaborateur de Chevotet pour l'urbanisme d'Arnouville. |
| Jean-Michel Chevotet - Architecte du projet initial |
A travaillé sur le château et le village. |
| Ermenold (Ermenoldus) - Vassal de l'abbaye de Saint-Denis |
Mentionné dans un diplôme du IXe siècle. |
| Guy de Montmirail - Évêque in partibus de Mégare |
A célébré la dédicace de 1542. |
Origine et histoire
L'église Saint-Denis d'Arnouville, située dans le Val-d'Oise, est une œuvre néo-classique de l'architecte Jean-Baptiste Chaussard, achevée en 1782. Elle remplace une église médiévale fondée au XIe siècle, située dans le parc du château d'Arnouville. Ce projet s'inscrit dans une refonte urbanistique du village voulue par le comte Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville, qui inclut aussi la reconstruction du château et du village autour de places circulaires. L'église, sobre et dépourvue de décor sculpté, se distingue par sa façade décorée et ses colonnades intérieures d'ordre dorique.
Le comte Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville, garde des sceaux et contrôleur général des finances de Louis XV, initie ce projet ambitieux vers 1750. Les architectes Pierre Contant d'Ivry et Jean-Michel Chevotet, puis Jean-Baptiste Chaussard après leur mort, y contribuent. L'église est orientée irrégulièrement, avec un chevet au nord-ouest, et son clocher, une simple tour ajourée, domine l'édifice. À l'intérieur, l'espace est structuré par des colonnades et un retable majestueux dédié à saint Denis.
L'église est inscrite aux monuments historiques en 1986. Elle conserve un mobilier contemporain de sa construction, dont des fonts baptismaux en faux-marbre, un confessionnal, et des vitraux hagiographiques du XIXe siècle. Aujourd'hui, elle dépend de la paroisse Notre-Dame-de-la-Paix et accueille des messes mensuelles. Son architecture sobre et ses retables latéraux, inspirés du portail, en font un exemple remarquable du néo-classicisme religieux de la fin du XVIIIe siècle.
Le tableau du retable, représentant saint Denis prêchant aux portes de Paris, est signé Larriel. Les retables latéraux, dédiés à saint Joseph et à la Vierge Marie, reprennent les motifs architecturaux du portail. L'église, bien que peu décorée, illustre l'influence des Lumières sur l'architecture religieuse, avec une recherche de simplicité et de symétrie.
Le projet initial prévoyait des fenêtres latérales pour éclairer le chœur, mais celles-ci furent remplacées par des baies factices. La sacristie, mitoyenne de l'abside, empêche toute lumière naturelle dans cette partie. Malgré ces ajustements, l'église conserve une unité stylistique, marquée par l'absence de décor superflu et la rigueur de ses lignes.
L'église Saint-Denis est un témoignage de l'urbanisme rural des Lumières, où architecture et aménagement territorial se conjuguent pour créer un ensemble harmonieux. Son inscription aux monuments historiques souligne son importance patrimoniale, tant pour son architecture que pour son intégration dans le paysage urbain d'Arnouville.