Origine et histoire de l'Église Saint-Denis
L'église Saint‑Denis est une église catholique paroissiale située au centre de Bornel (Oise), rue de l'Église, son chevet étant aligné sur la rue. Sa fondation est ancienne, mentionnée parmi les biens de l'abbaye de Saint‑Denis, et son vocable provient vraisemblablement de cette abbaye ; le collateur était le prieuré Sainte‑Madeleine de Bornel, dépendant de l'abbaye de Vézelay. Le bâtiment présente un plan à trois vaisseaux inscrit dans un rectangle : une nef de quatre travées et demie avec deux bas‑côtés, un chœur de trois travées à chevet plat, un collatéral nord de même longueur et un collatéral sud de deux travées dont la dernière se termine par un chevet en hémicycle. La partie la plus ancienne conservée est l'arrière du chœur, de style roman, datée de la fin des années 1140, et une seule voûte romane subsiste parmi les parties orientales. Le collatéral nord résulte d'un ajout gothique à la fin du XIIe siècle, et les grandes arcades de la nef ont été ouvertes au tout début du XIIIe siècle. L'église a apparemment subi de lourds dommages pendant la guerre de Cent Ans et a été en grande partie reconstruite à la fin du XVe siècle dans un style flamboyant plutôt rustique, si bien que les parties orientales mêlent aujourd'hui au moins quatre phases stylistiques. Les piles du clocher ont été reprises aux XVIIe ou XVIIIe siècles et le collatéral sud remanié à la même époque ; la voûte romane restante coexiste avec sept voûtes flamboyantes. Le clocher actuel est une construction en charpente, posée au‑dessus de la première travée du chœur, et flanqué d'une tourelle d'escalier octogonale au nord‑ouest du collatéral nord. Orientée légèrement vers le nord‑est au chevet, l'église est entièrement dégagée et visible de tous côtés ; la mairie se trouve à gauche de la façade quand on la regarde. À l'extérieur, la façade occidentale est sobre, les murs gouttereaux sont bas et les parties en moellons sont complétées aux angles, aux contreforts et aux baies par des éléments en pierre de moyen appareil. La façade est accompagnée de deux contreforts et percée d'un portail en anse de panier encadré de moulures prismatiques et surmonté d'une fenêtre au remplage flamboyant résiduel. Le collatéral sud conserve son plan en hémicycle, probable réminiscence d'une absidiole romane, mais ses élévations et plusieurs baies présentent des éléments classiques résultant des remaniements des XVIIe‑XVIIIe siècles. L'intérieur montre une nef non voûtée avec un plafond plat et, dans la première travée, une charpente en carène renversée mise en valeur lors des restaurations ; les huit travées orientales sont voûtées d'ogives. Les grandes arcades en tiers‑point de la nef datent d'environ 1200 et restent dépourvues de mouluration, tandis que les chapiteaux et bases présentent un mélange d'éléments romans, gothiques et flamboyants selon les secteurs. Le chœur forme un ensemble hétérogène de trois travées et deux collatéraux, avec des piles massives modernes (XVIIe‑XVIIIe siècle) à la croisée et une travée médiévale conservant une voûte d'origine dont la clé porte une petite rosace. Le collatéral nord est uni par trois voûtes d'ogives rustiques de la fin du XVe siècle, avec des chapiteaux en grande partie remaniés lors des restaurations ; des arcatures plaquées d'inspiration romane subsistent au nord. Le collatéral sud, chapelle de la Vierge, est bien éclairé par trois fenêtres et combine voûtes tardives et éléments classiques comme des chapiteaux doriques et des consoles du XVIIe‑XVIIIe siècle. Classée au titre des monuments historiques par arrêté du 18 mars 1927, l'église a fait l'objet de consolidations dans les années 1950, d'une transformation du clocher en 1969 et d'une campagne de restauration importante engagée dans les années 1990 et menée entre 1996 et 2004 pour un coût total de 1 120 000 €. Les travaux comprirent la reprise des fondations et contreforts, la consolidation de la charpente, la pose d'un chauffage par le sol pour limiter l'humidité, la restauration des voûtes et des plafonds en bois, la réfection des maçonneries intérieures et la restauration des vitraux. L'église dépend aujourd'hui de la paroisse Saint‑Louis‑en‑Thelle, siège à Chambly, et accueille une messe dominicale le dimanche à 18 h. Le mobilier comprend une Vierge à l'Enfant en pierre, classée monument historique au titre objet depuis novembre 1908, datée du second quart du XIVe siècle et haute de 132 cm, dont la polychromie résiduelle a été remise au jour et qui se trouve actuellement dans le collatéral nord ; on relève aussi des tambours de porte ornés de pilastres ioniques, une Nativité inspirée d'Anguier, une porte de sacristie richement décorée, un petit tabernacle baroque, une statue polychrome mutilée, un grand Christ en croix restauré et deux statues en bois polychrome retrouvées dans les combles.