Frise chronologique
fin XIe siècle
Construction de la nef romane
Construction de la nef romane
fin XIe siècle (≈ 1195)
Baies plein cintre encore visibles.
1556
Achèvement du gros œuvre
Achèvement du gros œuvre
1556 (≈ 1556)
Chapelle sud-ouest style Renaissance.
1591
Fonte de la cloche en bronze
Fonte de la cloche en bronze
1591 (≈ 1591)
Inscription mentionnant les trésoriers.
9 juillet 1962
Classement monument historique
Classement monument historique
9 juillet 1962 (≈ 1962)
Protection de l'édifice entier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église (cad. A 341) : classement par arrêté du 9 juillet 1962
Personnages clés
| Anne Alixandre - Trésorière de l'église |
Mentionnée sur la cloche de 1591. |
| Marin Lecoq - Trésorier de l'église |
Mentionné sur la cloche de 1591. |
| Bernhard Duhamel - Historien et auteur |
A étudié les églises du Vexin. |
| Corbasson - Historien (cité) |
Théorie sur l'origine romane. |
Origine et histoire
L'église Saint-Denis de Chérence, située dans le Val-d'Oise en Île-de-France, est un édifice catholique dont la nef romane, datant de la fin du XIe siècle, compte parmi les plus anciennes du Vexin français. Bien que cette partie primitive ait perdu une grande partie de son intérêt archéologique en raison de remaniements ultérieurs, elle conserve trois étroites baies plein cintre visibles sur son mur septentrional. L'origine exacte de cette église romane reste indéterminée, et même son clocher, supposé roman par certains historiens comme Corbasson, a été si profondément transformé qu'aucune trace de ce style n'y est plus identifiable.
Le cœur de l'édifice actuel se compose d'un ensemble homogène de neuf travées érigées au XVIe siècle, incluant un transept, un chœur de deux travées, et deux chapelles latérales. Ces éléments illustrent une transition architecturale remarquable, passant du style gothique flamboyant au style Renaissance. Une inscription sur la voûte de la chapelle sud-ouest, datée de 1556, atteste que cette partie, marquée par un décor Renaissance plus affirmé, constitue l'achèvement du gros œuvre. Les baies, majoritairement en tiers-point, et les voûtes sur croisées d'ogives reflètent cette dualité stylistique, tandis que les contreforts et les pinacles témoignent d'une influence renaissante progressive.
L'église abrite un mobilier classé, dont une statue en pierre de la Vierge à l'Enfant du XVe siècle, deux clôtures de chœur en bois du XVIe siècle, et une cloche en bronze de 1591. Cette cloche, fondée pour les trésoriers Anne Alixandre et Marin Lecoq, porte une inscription révélatrice de son contexte historique. Classée monument historique par arrêté du 9 juillet 1962, l'église Saint-Denis de Chérence est aujourd'hui propriété de la commune et reste un témoignage architectural majeur de la région.
La structure de l'édifice révèle une nef romane dépourvue de contreforts, directement reliée aux bras du transept par des passages étroits. Les murs intérieurs, nus à l'exception des baies nord, contrastent avec les travées du XVIe siècle, où les nervures des voûtes retombent sur des culs-de-lampe ou des consoles. Le clocher, d'une hauteur modeste, présente un étage unique ajouré de baies en tiers-point au remplage flamboyant. Son toit à deux croupes et les pinacles ornés des contreforts soulignent l'harmonie entre les héritages médiéval et renaissant.
Les débats entre historiens, comme ceux opposant Corbasson à Duhamel, illustrent les incertitudes entourant les origines de l'église. Alors que Corbasson suggère une campagne de construction romane suivie de remaniements, Duhamel défend l'idée d'une reconstruction quasi totale au XVIe siècle. Ces divergences soulignent la complexité de l'histoire architecturale du site, où chaque élément, des médaillons de la voûte Renaissance aux contreforts en biais du chevet, raconte une étape de son évolution.