Frise chronologique
XIe siècle
Fonts baptismaux originels
Fonts baptismaux originels
XIe siècle (≈ 1150)
Preuve d’un lieu de culte antérieur.
milieu du XIVe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
milieu du XIVe siècle (≈ 1450)
Style sobre, rosace et charpente décorée.
1481
Acquisition par Jean II de Montceaux
Acquisition par Jean II de Montceaux
1481 (≈ 1481)
Début de l’influence seigneuriale sur le chœur.
1577
Restauration de la charpente
Restauration de la charpente
1577 (≈ 1577)
Inscription de Jehan Legendre, charpentier local.
début du XVIe siècle
Édification du chœur gothique flamboyant
Édification du chœur gothique flamboyant
début du XVIe siècle (≈ 1604)
Financé par la famille de Montceaux.
12 octobre 1995
Classement monument historique
Classement monument historique
12 octobre 1995 (≈ 1995)
Protection tardive de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. E 158) : classement par arrêté du 12 octobre 1995
Personnages clés
| Jean II de Montceaux - Seigneur de Hodenc-en-Bray (à partir de 1481) |
Commanditaire du chœur gothique flamboyant. |
| Gaspard de Montceaux - Seigneur inhumé dans le chœur (d. 1607) |
Membre de la famille fondatrice. |
| Jacqueline d’O - Épouse de Gaspard de Montceaux |
Sépulture dans le chœur familial. |
| Jehan Legendre - Charpentier local (1577) |
Auteur de l’inscription sur la charpente. |
| Claude Courageux - Restaurateur des vitraux (1989–1992) |
Sauvegarde des verrières du XVIe siècle. |
Origine et histoire
L’église Saint-Denis de Hodenc-en-Bray, située dans l’Oise en région Hauts-de-France, se compose d’une nef du XIVe siècle et d’un chœur gothique flamboyant du XVIe siècle. La nef, construite en moellons de grès, arbore une charpente lambrissée décorée de motifs géométriques polychromes, tandis que le chœur, financé par la famille de Montceaux, seigneurs locaux, se distingue par sa hauteur, sa luminosité et ses voûtes à liernes et tiercerons. Les fonts baptismaux du XIe siècle attestent d’un lieu de culte antérieur, mais l’édifice actuel reflète surtout les transformations médiévales tardives et renaissantes.
Le chœur, édifié au début du XVIe siècle sous l’impulsion de Jean II de Montceaux, gouverneur d’Artois et trésorier de Picardie, sert de sépulture à sa famille. Ses dimensions généreuses contrastent avec la modestie du village, et son architecture sobre mais élégante intègre des éléments annonciateurs de la Renaissance, comme les fenêtres en cintre surbaissé. La nef, plus ancienne et dépourvue de bas-côtés, conserve une rosace du XIVe siècle et un portail latéral nord ouvert sur l’ancien cimetière, aujourd’hui espace public.
Classée monument historique en 1995 seulement, l’église a bénéficié de rares restaurations, préservant ainsi son authenticité. Ses vitraux du XVIe siècle, restaurés entre 1989 et 1992, illustrent des scènes religieuses comme la Crucifixion ou l’Adoration des bergers. Le mobilier inclut des statues des XVe–XVIIe siècles, dont un saint Denis céphalophore et une Vierge à l’Enfant, ainsi que des dalles funéraires des seigneurs de Montceaux. L’édifice, affilié à la paroisse de La Trinité en Bray, reste un exemple remarquable de l’art sacré rural des Hauts-de-France.
À l’extérieur, le contraste entre la nef rustique et le chœur imposant est frappant. La façade occidentale, qualifiée de « maladroite », supporte un clocher en charpente coiffé d’une flèche originale, tandis que le chœur, aux contreforts ornés de pinacles, domine le village. Le porche en bois du portail latéral, probablement construit avec des poutres de réemploi, et la croix de pierre de l’ancien cimetière soulignent le caractère historique du site. Malgré son intérêt architectural, l’église est longtemps restée méconnue, comme en témoigne son classement tardif.
L’histoire de Hodenc-en-Bray, mal documentée avant le Moyen Âge tardif, s’éclaire à travers ce monument. La famille de Montceaux, en acquérant la seigneurie en 1481, marque durablement le paysage local par ce chœur ambitieux, reflétant son pouvoir et sa piété. Les traces gallo-romaines attestent d’une occupation ancienne, mais c’est l’époque médiévale qui façonne l’identité du village, autour de son église, de son cimetière et de son château aujourd’hui disparu. L’édifice, bien que modeste par sa taille, incarne ainsi les dynamiques sociales et artistiques de la Picardie entre Moyen Âge et Renaissance.