Origine et histoire de l'Église Saint-Denis-de-la-Croix-Rousse
L’église Saint-Denis-de-la-Croix-Rousse trouve ses origines au XVIIe siècle, lorsque les Augustins déchaussés s’installent en 1624 dans ce quartier lyonnais alors hors des remparts. En 1629, la première pierre de leur église, dédiée à saint Denis sur demande de l’archevêque Denys de Marquemont, est posée grâce à des dons. L’édifice, détruit pendant la Révolution, est rendu au culte en 1803 par le cardinal Fesch, oncle de Bonaparte, mais les Augustins, chassés, n’y reviennent pas.
La restauration majeure débute en 1830 sous la Monarchie de Juillet, dirigée par l’architecte Antoine-Marie Chenavard. Le curé Jean-Matthieu Chazette supervise les travaux : façade baroque sobre, nef centrale néo-romane inspirée de l’ancienne église conventuelle, et décors intérieurs byzantins. En 1847, le chœur actuel est construit par Forest, successeur de Chenavard, et deux ailes latérales sont ajoutées. Les orgues, acquis en 1838, sont installés en 1848.
Le curé Artru (1853–1875) enrichit l’église de vitraux, statues (dont un saint Denis et un saint Joseph sculptés par Fabisch), et d’une frise dorée ornant le chœur. Son successeur, Zacharie Paret (1875–1898), ajoute la chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs (1891) et décore les chapelles latérales de marbres imités et de peintures. Auguste Perrodin, collaborateur de Viollet-le-Duc, réalise en 1885 les fresques de la coupole, dont un Christ en majesté entouré de saints lyonnais.
L’orgue, initialement construit par Guetton-Dangon vers 1880, est remplacé en 1968 par un instrument de la maison Dunand, harmonisé dans l’esprit du XVIIIe siècle. Classé à l’inventaire des monuments historiques en 1986, l’édifice conserve sept objets protégés, dont un reliquaire de saint Denis, un confessionnal, et une toile de Germain Panthot représentant Saint Fortunat.
L’église, située rue Hénon, témoigne de l’histoire ouvrière de la Croix-Rousse, quartier emblématique des canuts. Son mobilier et ses décors reflètent les évolutions artistiques du XIXe siècle, mêlant néoclassicisme, romantisme et influences byzantines, tout en préservant des traces de son passé augustinien.