Origine et histoire de l'Église Saint-Denis
L’église Saint-Denis de Montpellier, située dans l’actuel quartier Gambetta, remplace un premier édifice médiéval détruit lors des Guerres de religion. Ce premier lieu de culte, attesté du XIIe au XVIe siècle, s’élevait hors des remparts, dans le quartier de Montpelliéret, sur l’emplacement futur de la citadelle. Une étude archéologique de 1969 révéla qu’il avait été bâti sur un ancien cimetière. Détruit pendant les conflits religieux, ses derniers vestiges disparurent lors de la construction de la citadelle, puis du Lycée Joffre.
La construction de l’église actuelle débuta en 1699 dans le faubourg de la Saunerie, sur un terrain ayant abrité un cimetière ou une propriété de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Conçue par l’architecte Augustin-Charles d’Aviler, elle fut achevée en 1702. De style jésuite, elle fut initialement desservie par les Oratoriens, qui y installèrent un séminaire de 1709 à 1733. Après cette date, elle passa sous la responsabilité du clergé séculier. Le cardinal de Fleury offrit une horloge en 1730, et le marbrier Pierre Fossati réalisa un maître-autel en marbre « à la romaine » en 1735.
L’histoire de l’édifice fut marquée par les bouleversements révolutionnaires : fermé le 1er octobre 1793 par les autorités, il fut sauvé de la destruction grâce à des fidèles qui rachetèrent le bâtiment et son mobilier aux enchères. Ceux-ci restituèrent l’église au culte en 1801, à la restauration de la liberté religieuse. Au XIXe siècle, deux campagnes d’agrandissement (1836 et 1895) modifièrent profondément sa structure intérieure, ne laissant intacte que la façade d’origine. Ces transformations répondirent à l’accroissement démographique de Montpellier, mais altérèrent la pureté du dessin initial de d’Aviler.
L’église abrite un patrimoine artistique remarquable, incluant des toiles des XVIIIe et XIXe siècles, des statues comme un Sacré-Cœur en marbre de Carrare, et une chapelle néo-gothique dédiée aux Pénitents Bleus. Son orgue, œuvre majeure d’Aristide Cavaillé-Coll (1837), fut modifié à plusieurs reprises, notamment par Ducroquet en 1855 et Maurice Puget en 1938. Classé parmi les instruments historiques, il compte 29 jeux répartis sur trois claviers. La façade de l’église, unique partie protégée au titre des monuments historiques depuis 1944, illustre le style classique régional avec son fronton bombé et son ordre ionique.
Intégrée initialement à la paroisse Saint-Denis-Saint-Roch, l’église fait partie depuis 2014 de la « Paroisse Cathédrale Montpellier », regroupant les édifices religieux du centre-ville. Son curé actuel est l’abbé Michel Plagniol. L’entretien de l’orgue est assuré par la manufacture Claude Berger, tandis que deux organistes, dont Monique Richard (titulaire depuis cinquante ans), en assurent le service liturgique et culturel.