Frise chronologique
Vers 1120-1150
Construction des parties romanes
Construction des parties romanes
Vers 1120-1150 (≈ 1135)
Nef et clocher édifiés, style roman tardif.
Fin XIIe - début XIIIe siècle
Premiers agrandissements gothiques
Premiers agrandissements gothiques
Fin XIIe - début XIIIe siècle (≈ 1325)
Chapelle nord et portail sud ajoutés.
Milieu du XIIIe siècle
Reconstruction gothique rayonnante
Reconstruction gothique rayonnante
Milieu du XIIIe siècle (≈ 1350)
Voûtement de la nef, chœur et chapelle sud.
Vers 1561 (XVIe siècle)
Campagne de style Renaissance
Campagne de style Renaissance
Vers 1561 (XVIe siècle) (≈ 1650)
Revoûtement chapelle sud, vitraux et statue.
11 janvier 1944
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
11 janvier 1944 (≈ 1944)
Protection officielle de l’édifice et de son mobilier.
1996
Rattachement paroissial
Rattachement paroissial
1996 (≈ 1996)
Intégration à la paroisse Notre-Dame des Deux Rivières.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 11 janvier 1944
Personnages clés
| Denis Descourtieulx - Donateur (décédé en 1644) |
Vigneron ayant légué des terres à l’église. |
| Eugène Müller - Historien local (XIXe siècle) |
A étudié et décrit l’église en détail. |
| Dominique Vermand - Spécialiste du patrimoine (XXe siècle) |
A analysé les campagnes de construction. |
| Simion - Peintre (1651) |
Auteur du tableau *Adoration des bergers*. |
Origine et histoire
L’église Saint-Denis de Villers-sous-Saint-Leu, située dans l’Oise (Hauts-de-France), trouve ses origines au XIIe siècle, avec une nef et un clocher de style roman tardif. Les parties les plus anciennes, comme la nef et la base du clocher, datent des années 1120-1150, bien qu’aucun élément roman ne soit visible à l’intérieur aujourd’hui. L’édifice subit des transformations majeures à partir de la fin du XIIe siècle, avec l’ajout d’une chapelle latérale nord et d’un portail sud, marquant la transition vers le gothique primitif.
Au milieu du XIIIe siècle, l’église est profondément remaniée dans le style gothique rayonnant : la nef est voûtée d’ogives, le chœur est reconstruit, et une chapelle latérale sud de trois travées est ajoutée. Ces travaux, contemporains de ceux de l’église de Cramoisy, introduisent des éléments architecturaux raffinés, comme des fenêtres à réseaux élaborés et des voûtes à clés sculptées. La complexité du plan, avec un faux transept et des chapelles désaxées, reflète les agrandissements successifs.
Le XVIe siècle apporte des modifications de style Renaissance, notamment le revoûtement partiel de la chapelle sud (vers 1561) et l’ajout de vitraux classés, comme celui de l’Arbre de Jessé et de la Déploration du Christ. Une statue remarquable de la Vierge à l’Enfant (XVIe siècle), ainsi que des fonts baptismaux de la même époque, témoignent de cette période. L’église, classée Monument Historique en 1944, reste un exemple frappant de l’évolution architecturale médiévale et renaissante dans le Beauvaisis.
Sous l’Ancien Régime, la paroisse dépendait du prieuré de Saint-Leu-d’Esserent et du diocèse de Beauvais. Après la Révolution, elle est rattachée à la paroisse de Saint-Leu, puis intégrée en 1996 à la paroisse Notre-Dame des Deux Rivières (siège à Montataire). Aujourd’hui, l’église accueille des messes dominicales et conserve un mobilier classé, dont un tableau de 1651 inspiré du Caravage et de Georges de La Tour.
L’extérieur révèle une flèche de pierre octogonale (XIIe siècle) rare dans la région, partiellement masquée par les toitures des chapelles. Le clocher, aux baies géminées romanes, et les élévations nord (ancien cimetière) contrastent avec la façade ouest, dépourvue de portail. Le porche sud, voûté et doté d’un portail gothique, sert d’entrée principale. Les contreforts, corniches et fenêtres à réseaux (XIIIe et XVIe siècles) illustrent les campagnes de construction successives.
À l’intérieur, la nef (XIIIe siècle) présente des voûtes d’ogives à clés sculptées de feuillages, tandis que le chœur, étroit et voûté similairement, communique avec les chapelles par des arcades en tiers-point. La chapelle nord, gothique primitive, conserve une baie bouchée et des traces de peintures murales. La chapelle sud, plus vaste, mêle éléments rayonnants (fenêtres à remplages complexes) et Renaissance (doubleaux prismatiques, clés ornées). Le mobilier inclut une poutre de gloire (fer forgé) et des vitraux du XVIe siècle, partiellement restaurés après les dommages de la Seconde Guerre mondiale (1944).