Frise chronologique
1684
Installation des Bénédictines
Installation des Bénédictines
1684 (≈ 1684)
Monastère fondé dans l’hôtel de Turenne.
1792
Expulsion des religieuses
Expulsion des religieuses
1792 (≈ 1792)
Fermeture pendant la Révolution.
1803
Devenue église paroissiale
Devenue église paroissiale
1803 (≈ 1803)
Bénie sous le nom Saint-Denys-au-Marais.
1826
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
1826 (≈ 1826)
Début de la construction actuelle.
1835
Consécration de l’église
Consécration de l’église
1835 (≈ 1835)
Par Mgr de Quélen, archevêque de Paris.
2014
Classement monument historique
Classement monument historique
2014 (≈ 2014)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Étienne-Hippolyte Godde - Architecte |
Conçut l’église actuelle (1826-1835). |
| Eugène Delacroix - Peintre |
Auteur de la *Pietà* (1844). |
| Duchesse d’Aiguillon - Bienfaitrice |
Offrit l’hôtel de Turenne en 1684. |
| Jean-Jacques Feuchère - Sculpteur |
Fronton des vertus théologales (façade). |
| Alphonse Daudet - Écrivain |
Mariage en 1867 dans l’église. |
Origine et histoire
L’église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement, située au 68 ter rue de Turenne dans le 3e arrondissement de Paris, est un exemple emblématique d’architecture néoclassique du début du XIXe siècle. Son histoire remonte au XVIIe siècle, lorsque l’hôtel de Turenne, un somptueux hôtel particulier du Marais, fut acquis en 1684 par les Bénédictines de l’Adoration perpétuelle du Très-Saint-Sacrement. Ces religieuses, fuyant les tensions liées au conflit entre Charles IV de Lorraine et Louis XIV, s’y installèrent après avoir occupé plusieurs refuges provisoires à Paris. La duchesse d’Aiguillon leur offrit l’hôtel en échange de la seigneurie de Pontoise, leur permettant d’y établir un monastère durable et d’y construire une chapelle d’environ 80 places, ornée d’un tableau de Hallé représentant la Fraction du pain.
La Révolution française dispersa les Bénédictines en 1792, et la chapelle devint un oratoire annexe des Minimes de la place Royale (actuelle place des Vosges) après le concordat de 1802. Devenue église paroissiale en 1803 sous le nom de Saint-Denys-au-Marais, elle fut jugée trop exiguë pour une population en croissance. En 1823, la Ville de Paris acquit les terrains pour ériger un nouvel édifice, confié à l’architecte Étienne-Hippolyte Godde, déjà connu pour l’église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou. La première pierre fut posée en 1826, et l’église fut consacrée en 1835 par l’archevêque de Paris, Mgr de Quélen, sous le vocable définitif de Saint-Denys-du-Saint-Sacrement, en hommage au premier évêque de Paris.
L’édifice se distingue par sa façade néoclassique, ornée d’un portique à colonnes ioniques et d’un fronton sculpté par Jean-Jacques Feuchère illustrant les vertus théologales (Foi, Espérance, Charité). À l’intérieur, la nef rectangulaire, soutenue par douze colonnes symbolisant les tribus d’Israël et les apôtres, mène à une abside surmontée d’une coupole éclairée par un oculus. L’église abrite deux orgues remarquables : un grand orgue de tribune construit par Daublaine-Callinet en 1839 (restauré par Cavaillé-Coll en 1867) et un orgue de chœur signé Cavaillé-Coll en 1869. Parmi ses trésors artistiques figurent une Pietà peinte par Delacroix en 1844 en seulement 17 jours, et des tableaux de François-Edouard Picot (Les Pèlerins d’Emmaüs, 1840) et Gabriel-Christophe Guérin (Le Baptême du Christ, 1819).
Classée monument historique en 2014, l’église perpétue un héritage à la fois religieux et artistique. Elle fut le cadre du mariage d’Alphonse Daudet et Julia Allard en 1867, avec Frédéric Mistral comme témoin. Aujourd’hui, elle accueille une communauté paroissiale dynamique, incluant une maison du Séminaire de Paris, et reste un lieu de culte et de patrimoine majeur dans le Marais.