Frise chronologique
Début XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Début XIIIe siècle (≈ 1304)
Croisillon sud et murs édifiés vers 1220.
1486–1498
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
1486–1498 (≈ 1492)
Style gothique flamboyant, collatéraux ajoutés.
1546–1572
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
1546–1572 (≈ 1559)
Financée par les habitants et Montmorency.
1561
Arrivée d’une relique
Arrivée d’une relique
1561 (≈ 1561)
Os de saint Didier offert par Anne de Montmorency.
1672
Ajout d’une chapelle
Ajout d’une chapelle
1672 (≈ 1672)
Chapelle nord construite par Charles Nepveu.
1931
Classement monument historique
Classement monument historique
1931 (≈ 1931)
Protection officielle de l’édifice.
2002–2011
Restauration du clocher
Restauration du clocher
2002–2011 (≈ 2007)
Déconstruction et reconstruction à l’identique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Eterne (ancienne) ou église Saint-Didier : classement par arrêté du 11 avril 1931
Personnages clés
| Anne de Montmorency - Seigneur de Villiers-le-Bel |
Finance les travaux et offre une relique. |
| Guillaume Godart - Maître-maçon (XVIe siècle) |
Dirige la reconstruction de la nef. |
| Nicolas Godart - Maître-maçon, fils de Guillaume |
Poursuit les travaux du clocher en 1579. |
| Nicolas Prévost - Sculpteur parisien (XVIe siècle) |
Auteur du retable de marbre (1538). |
| Charles Nepveu - Maître-maçon (XVIIe siècle) |
Conçoit la chapelle nord en 1672. |
| Denis Rehaut - Marchand (XVIIe siècle) |
Offre l’orgue à l’église en 1669. |
Origine et histoire
L’église Saint-Didier de Villiers-le-Bel, initialement dédiée à saint Éterne, trouve ses origines au début du XIIIe siècle, avec la construction de deux murs et du croisillon sud. Les travaux s’interrompent jusqu’au XVe siècle, où l’édifice est largement reconstruit entre 1486 et 1498, intégrant un chœur flamboyant et des collatéraux. La nef, instable, est revoûtée entre 1546 et 1572 sous la direction des maîtres-maçons Guillaume Godart puis Nicolas Godart, grâce au financement des habitants et de la famille de Montmorency, seigneurs locaux. En 1561, l’église reçoit une relique de saint Didier de Langres, offerte par Anne de Montmorency pour renforcer l’influence catholique face à la Réforme protestante.
Au XVIIe siècle, l’église s’enrichit d’un mobilier baroque dans le cadre de la Contre-Réforme, incluant un retable de marbre polychrome sculpté par Nicolas Prévost en 1538 et un orgue offert en 1669 par le marchand Denis Rehaut. Une chapelle est ajoutée au nord en 1672 par le maître-maçon Charles Nepveu. Classée monument historique en 1931, l’église subit des problèmes structurels majeurs au XXe siècle, notamment au niveau du clocher, reconstruit en 2007 après huit ans de fermeture pour restauration. Son architecture, marquée par la cohabitation des styles gothique et Renaissance, en fait un témoignage unique de l’évolution des techniques et des influences artistiques en Île-de-France.
L’extérieur de l’église révèle des éléments du XIIIe siècle, comme le portail occidental et les baies en tiers-point du bas-côté sud, tandis que les contreforts et les fenêtres hautes portent des ornements Renaissance. Le clocher, reconstruit à l’identique après sa déconstruction en 2002, domine la croisée du transept, elle-même marquée par des colonnes et colonnettes médiévales. Les croisillons, conservant leur triforium et leurs rosaces du XIIIe siècle, contrastent avec le chœur flamboyant du XVe siècle, éclairé par une vaste baie au chevet plat. À l’intérieur, les voûtes en étoile de la nef, les chapiteaux corinthiens et les décors Renaissance du bas-côté nord illustrent la transition stylistique entre Moyen Âge et époque moderne.
Le mobilier de l’église inclut des pièces classées, comme l’orgue du XVIIe siècle, presque intact, et le retable de 1538, entouré de statues allégoriques et de saints. Ces éléments, associés aux reliques disparues pendant la Révolution, soulignent le rôle spirituel et communautaire de l’édifice. Des œuvres artistiques, comme les tableaux de Maurice Utrillo (1910) et Théophile Emmanuel Duverger (1867), témoignent de son influence culturelle. Aujourd’hui, l’église Saint-Didier reste un symbole du patrimoine religieux et architectural du Val-d’Oise, alliant histoire locale et héritage artistique national.