Frise chronologique
1284
Fondation de Monpazier
Fondation de Monpazier
1284 (≈ 1284)
Création de la bastide par Édouard Ier d'Angleterre.
1286
Première mention de l'église
Première mention de l'église
1286 (≈ 1286)
Convention signée avec les consuls.
1289
Achèvement imposé de l'église
Achèvement imposé de l'église
1289 (≈ 1289)
Ordre du roi d'Angleterre aux habitants.
1450
Restauration post-guerre de Cent Ans
Restauration post-guerre de Cent Ans
1450 (≈ 1450)
Surélévation des murs et voûtement de la nef.
1490
Transfert du chapitre de Capdrot
Transfert du chapitre de Capdrot
1490 (≈ 1490)
Autorisation de l'évêque de Sarlat.
1558
Consécration d'un évêque
Consécration d'un évêque
1558 (≈ 1558)
Construction d'un nouveau portail.
1574
Prise de Monpazier par les protestants
Prise de Monpazier par les protestants
1574 (≈ 1574)
Geoffroy de Vivans s'empare de la bastide.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection de l'édifice par l'État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Édouard Ier d'Angleterre - Roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine |
Fonda Monpazier et imposa la construction. |
| Pierre de Gontaut - Baron de Biron |
Céda le terrain pour la bastide. |
| Géraud Maurichon - Charpentier de Périgueux |
Répara la charpente en 1462. |
| Pons de Salignac de La Mothe-Fénelon - Évêque de Sarlat |
Autorisa le transfert du chapitre. |
| Geoffroy de Vivans - Capitaine protestant |
Prit Monpazier en 1574. |
| Henri de Navarre - Futur Henri IV |
Visita Monpazier en 1579. |
Origine et histoire
L'église Saint-Dominique de Monpazier a été construite à la fin du XIIIe siècle, peu après la fondation de la bastide en 1284 par Édouard Ier, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine. Ce dernier, souhaitant affirmer sa suzeraineté sur le Périgord, obtint du baron de Biron le terrain pour ériger une ville nouvelle. L'église est mentionnée dès 1286 dans une convention avec les consuls, et son achèvement fut imposé aux habitants en 1289. Elle incarne ainsi les ambitions politiques anglo-aquitaines de l'époque.
La guerre de Cent Ans (1337-1453) marqua profondément l'édifice et la région, frontalière entre les domaines des rois de France et d'Angleterre. Après les destructions subies, l'église fut réparée et surélevée vers 1450, avec une nef voûtée sur croisée d'ogives. En 1462, Géraud Maurichon de Périgueux réalisa la charpente et couvrit l'édifice. Ces travaux reflètent la volonté de restauration après un siècle de conflits dévastateurs.
En 1490, l'évêque de Sarlat, Pons de Salignac de La Mothe-Fénelon, autorisa le transfert du chapitre de la collégiale ruinée de Capdrot vers l'église Saint-Dominique, jugée plus sûre et spacieuse. Ce déplacement s'accompagna de l'aménagement d'un chœur liturgique et de l'installation de stalles en chêne, sculptées au XIVe siècle pour Capdrot. Ces éléments, classés en 1971, témoignent de l'importance religieuse et artistique du monument.
Les guerres de Religion au XVIe siècle apportèrent de nouveaux troubles. En 1574, la bastide fut prise par les protestants, et en 1580, le traité du Fleix prévoyait son démantèlement. Malgré ces vicissitudes, l'église conserva son rôle central, comme en témoigne la consécration d'un évêque en 1558 et la construction d'un nouveau portail la même année. La Révolution française y laissa peu de traces, hormis une inscription au tympan.
Classée monument historique en 1862, l'église Saint-Dominique abrite un mobilier remarquable, dont des stalles du XIVe siècle, des fonts baptismaux de la même époque, et une statue en bois de la Vierge à l'Enfant (XVIIe siècle). Ses vitraux, comme celui représentant saint Dominique recevant le Rosaire, ainsi que son histoire liée aux conflits franco-anglais et aux transformations religieuses, en font un patrimoine majeur de la Dordogne.