Origine et histoire de l'Église Saint-Ebons
L'église Saint-Ébons de Sarrancolin, aussi appelée église Saint-Pierre-Saint-Ébons, est un édifice religieux catholique dont les origines remontent au XIe siècle, avec une reconstruction majeure au XIIe siècle. Située dans les Hautes-Pyrénées, en bordure de la route départementale D929, elle suit un plan en croix grecque typique de l'architecture romane. Son clocher carré, haut de 35 mètres, est surmonté d'une flèche en ardoise flanquée de quatre clochetons, tandis que son chœur, décoré au XVe siècle, est fermé par une grille en fer forgé du XVIe siècle. Le monument conserve des éléments mobiliers exceptionnels, comme des stalles de la Renaissance, des retables du XVIIe siècle, et surtout une châsse du XIIIe siècle en cuivre doré et émail champlevé, renfermant les reliques de saint Ébons, évêque de Barbastro (Espagne) mort en 1104 et enseveli dans le monastère bénédictin local.
La fondation du prieuré associé à l'église date du XIe siècle, mais les bâtiments monastiques furent détruits par un incendie vers 1570. L'édifice lui-même fut classé au titre des monuments historiques le 10 février 1903, tandis qu'une arcature géminée provenant de l'ancienne salle capitulaire fut inscrite le 27 janvier 1928. Le clocher, composé de trois étages voûtés en berceau, présente une décoration architecturale complexe : ses baies géminées du dernier niveau sont ornées de colonnettes et d'archivoltes concentriques, reflétant l'art roman méridional. La nef, le chœur et les bras du transept sont voûtés en berceau ogival, et l'abside adopte une voûte en cul-de-four.
Le prieuré, aujourd'hui en ruines, s'étendait au sud de l'église, avec des vestiges de la salle capitulaire encore visibles. La châsse de saint Ébons, pièce maîtresse du patrimoine de l'église, illustre l'importance du culte reliquaire au Moyen Âge. Ce monument, propriété de la commune, témoigne à la fois de l'histoire monastique locale et de l'évolution architecturale entre les XIe et XVIIe siècles, mêlant influences romanes, gothiques et Renaissance. Son mobilier, jugé remarquable, en fait un site majeur du patrimoine religieux des Hautes-Pyrénées.