Frise chronologique
1130–1170
Construction du chœur roman
Construction du chœur roman
1130–1170 (≈ 1150)
Partie la plus ancienne de l’église.
XVe siècle
Ajout de la travée centrale
Ajout de la travée centrale
XVe siècle (≈ 1550)
Supporte le clocher actuel.
1946
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1946 (≈ 1946)
Protection officielle de l’édifice.
1958
Création des verrières
Création des verrières
1958 (≈ 1958)
Six vitraux représentant des saints.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 2 août 1946
Personnages clés
| Gires Lecuqu - Vicaire de La Barre-de-Semilly |
Épitaphe datée de 1485. |
| Saint Ébremond - Saint patron de l’église |
Représenté dans une verrière de 1958. |
Origine et histoire
L'église Saint-Ébremond de La Barre-de-Semilly est un édifice catholique du XIIe siècle, situé dans le département de la Manche, en Normandie. Elle appartient au courant roman, avec des influences proto-gothiques, et est représentative du groupe régional des petites églises du Cotentin, dites de l'« école de Lessay ». Son chœur, daté entre 1130 et 1170, et ses murs sont parmi les parties les plus anciennes. L'édifice se distingue par son chevet plat, ses voûtes à nervures rayonnantes, et un clocher aux fenêtres remaniées au fil des siècles. Les pierres, assemblées en opus spicatum (« arête-de-poisson »), rappellent des techniques du XIe siècle observées ailleurs en Normandie.
Après les dommages de la guerre (Seconde Guerre mondiale), le chœur et le clocher ont été restaurés, retrouvant leur couverture en schiste du Nord-Cotentin, appelé « platin ». Les fenêtres du chœur ont également été rétablies dans leurs dimensions d’origine. À l’intérieur, l’église présente un plan rectangulaire simple, sans bas-côtés ni transept. La nef, couverte en bois « comme un navire renversé », contraste avec le chœur voûté de pierre, où huit nervures convergent vers une clé centrale, une complexité rare pour une église de cette taille. La travée centrale, du XVe siècle, supporte le clocher.
Le mobilier inclut six verrières de 1958, représentant des saints comme sainte Jeanne d’Arc ou saint Ébremond, ainsi qu’une épitaphe de 1485 dédiée à Gires Lecuqu, vicaire local. Ces éléments, inventoriés au patrimoine culturel, complètent un édifice marqué par son inscription aux monuments historiques en 1946. L’église incarne ainsi à la fois l’héritage roman normand et les adaptations postérieures, notamment après les conflits du XXe siècle.
Architecturalement, l’église se rattache à un réseau d’édifices du Cotentin, comme celles de Martinvast ou Octeville, où la croisée d’ogives fut adoptée précocement pour les voûtes du chœur. Son clocher, aux pierres sculptées de visages humains et animaux, et ses murs en opus spicatum témoignent de savoir-faire médiévaux. Malgré sa modestie, le site offre un exemple remarquable de la transition entre roman et gothique en Basse-Normandie.