Origine et histoire de l'Église Saint-Éliphe
L'église Saint-Éliphe de Rampillon, située dans le département de Seine-et-Marne en Île-de-France, est un édifice gothique construit au XIIIe siècle. Elle est classée monument historique depuis 1846 et se caractérise par son architecture simple et pure, ainsi que par son portail occidental richement ouvragé, datant du milieu du XIIIe siècle. Ce portail, en pierre calcaire blanche, représente le Jugement dernier, avec le Christ entouré d'anges, et des scènes comme la résurrection des morts. Une particularité notable est l'absence de Damnés dans cette représentation, contrairement aux traditions iconographiques habituelles.
L'église était rattachée à la commanderie de Rampillon de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, dont elle constituait l'église paroissiale. Une tour ronde, dite « tour des Templiers », est accolée à l'angle nord-ouest de l'édifice, vestige d'un enclos fortifié. La commanderie fut incendiée en 1432 par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans. Le saint patron de l'église, Éliphe, est un saint lorrain peu connu en Brie, représenté sur le trumeau du portail comme un jeune homme barbu en robe de diacre.
L'intérieur de l'église présente un plan rectangulaire divisé en trois vaisseaux, avec une abside à cinq pans à l'est. L'élévation combine des éléments classiques (grandes arcades, triforium, fenêtres hautes) et une décoration sobre, avec des traces de polychromie. Le portail sud, plus modeste, représente le Couronnement de la Vierge. La construction s'est déroulée en trois campagnes, de l'est vers l'ouest, entre la fin du XIIe siècle (travée sous le clocher) et la première moitié du XIIIe siècle. L'église est contemporaine de celle de Saint-Martin de Nangis, avec laquelle elle partage des similitudes stylistiques.
Le mobilier et les annexes ne sont pas détaillés dans les sources, mais l'édifice conserve un calendrier agricole sculpté, rare dans les églises de la région. Les premières mentions d'une église à Rampillon remontent au XIIe siècle, dédiée initialement à saint Savinien avant d'être placée sous le vocable de saint Éliphe. Après la Révolution, l'église perd son lien avec l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem mais reste un lieu de culte paroissial.
Les sources archéologiques et historiques, comme les travaux d'Amédée Aufauvre et Charles Fichot (1858) ou les études de Judith Förstel (2015), soulignent l'importance patrimoniale de l'édifice. Son portail, son tympan et ses archivoltes en font un exemple remarquable de l'art gothique en Brie. L'association des amis de l'église contribue aujourd'hui à sa préservation et à sa valorisation.