Origine et histoire de l'Église Saint-Éloi
L’église Saint-Éloi de Bordeaux, située contre la porte de la Grosse Cloche, est un édifice emblématique de la ville. Construite à la fin de l’époque gothique (XVe siècle), elle présente une nef principale, un bas-côté unique et des voûtes à liernes et nervures en étoiles. Son abside, percée de fenêtres à meneaux, et son clocher latéral illustrent son architecture médiévale, tandis que sa façade occidentale, remaniée en 1828 avec trois portails, témoigne d’interventions ultérieures. Classée monument historique depuis 1921, elle fut l’église de la Jurade de Bordeaux, institution municipale historique, avant d’être érigée en paroisse personnelle en 2007 et confiée à l’Institut du Bon Pasteur.
À l’intérieur, l’église conserve un maître-autel du XVIIIe siècle, provenant de l’abbaye de La Sauve-Majeure, ainsi qu’une inscription funéraire classée de 1633. Ses autels néogothiques et ses orgues, restaurées au début des années 2010, complètent un patrimoine mobilier remarquable. L’édifice est aussi connu pour son rôle dans les tensions religieuses contemporaines : en 2010, un reportage de France 2 a révélé des liens entre la paroisse, dirigée par l’abbé Philippe Laguérie (2007-2009), et le groupe d’extrême droite Dies Irae, entraînant un procès en diffamation finalement perdu par le clergé en 2014.
L’église Saint-Éloi est aujourd’hui l’une des deux églises de Bordeaux célébrant la messe selon le rite tridentin (forme extraordinaire du rite romain). Son histoire récente est marquée par des curés influents, comme l’abbé Yannick Vella (2009-2017) ou l’abbé Grégory Lutz-Wiest (depuis 2017), et par son attachement à des figures spirituelles locales, dont sainte Jeanne de Lestonnac, native de Bordeaux, et le bienheureux Jean-Joseph Rateau. Son statut de propriété communale et son ouverture au public en font un lieu à la fois patrimonial et vivant, malgré les polémiques.
Architecturalement, l’église mesure 35 mètres de long, avec une nef haute de 12 mètres et un bas-côté de 5 mètres. Son chœur, légèrement dévié pour épouser la ligne des anciens remparts, rappelle son intégration dans le tissu urbain médiéval. Les contreforts intérieurs, formant des chapelles latérales, et les modifications successives (comme les portails de 1828) soulignent son évolution au fil des siècles. Ces caractéristiques, couplées à son rôle historique et religieux, en font un monument clé du patrimoine bordelais.